McLaren 720S Spider

McLaren 720S Spider : quand l'une des sportives les plus excitantes du marché enlève le haut, ça fait chaud partout...

Cédrik André | Le 9 décembre 2021 |

Note
globale

10
10

Modèle

McLaren 720S Spider

À partir de 288 000 €

Moteur

V8 4.0 biturbo
720 ch
770 Nm

Conso

10,7 l/100km
249 g CO2/km

Performances

0 à 100 km/h en 2,9s.
Vitesse maxi 340 km/h

Poids

1 322 kg

Verdict

POUR : Performances, plaisir, sensations, plaisir, look, plaisir, exclusivité, plaisir... plaisir !

CONTRE : Pourquoi parler d’argent, ça gâche toujours tout...

J’avais déjà eu la chance de prendre les commandes d’une McLaren 720S Coupé il y a quelque temps, et là, pour être honnête, les premiers mots qui sont sortis de ma bouche quand je suis descendu de cette McLaren 720S Spider ont été : « J’avais oublié ce que ça fait. »

Quand on teste une vraie sportive, l’une des phrases les plus évidentes (et les plus éculées) est : « Ça ne s’arrête jamais de pousser. » Mais après avoir roulé “là-dedans”, je me demande si j’utiliserais encore cette expression pour une sportive “normale”. Si vous pensez que les 720 ch vont faire une pause et laisser vos yeux se décoller légèrement du fond de votre boîte crânienne le temps de passer la vitesse supérieure, vous vous trompez. La montée de rapports est imperceptible, l’inertie du moteur inexistante et la chute de régime de 8200 à 6500 tr/min tellement instantanée que ça confine à la sorcellerie.

La 720S Spider procure des sensations très singulières, la poussée est violente sans être agressive, très mécanique et… organique à la fois, presque viscérale. Pas dans le sens où ça vous secoue les boyaux. Enfin… si, aussi, mais ce que je veux dire c’est que l’expérience est vraiment unique. Vous faites tellement corps avec la voiture et vous percevez toutes les informations différemment. C’est sans filtre. Pour utiliser une expression très à la mode chez les mangeurs de graines, c’est une conduite “en pleine conscience”.

Je passe mon temps à porter aux nues la direction des McLaren qui semble branchée à votre cortex cérébral. Je dis cortex comme je dirais cervelet, je n’ai pas fait médecine, mais vous aurez compris l’idée. Pour moi, il s’agit des meilleures directions de la production automobile mondiale. Pourtant, étrangement, je n’ai pas vraiment ressenti ça sur les premiers kilomètres avec cette 720S Spider. Je n’arrivais pas vraiment à comprendre pourquoi au début.

Bizarre. La direction était à peu près aussi incroyable que ce dont je me souvenais sur les 540S et 650S mais la perception était moins intense. Jusqu’à ce que j’augmente le rythme et que je comprenne. Ce n’est pas que la direction était moins limpide/précise/connectée/magique que sur les autres McLaren que nous avions testées. C’est que tout le reste l’était beaucoup plus. J’étais submergé par un flot d’informations et de sensations. Pas noyé, submergé. C’est un peu comme écouter la Chevauchée de Valkyries de Wagner (à écouter en lisant…) en distinguant très nettement chaque flûte, hautbois, clarinette, cor, trompette, tuba, cymbale, violon, violoncelle, contrebasse, caisse claire, etc. Vous pouvez toujours l’écouter sur votre téléphone en faisant un petit cornet avec votre main pour “mieux entendre”. Mais là, vous êtes au cœur de l’orchestre symphonique. Et le chef d’orchestre, c’est vous !

La déferlante de puissance se gère au micron du pied droit. Et bien que tout sorte par les seules roues arrière, elle n’est pas piégeuse ou fourbe. Même à l’attaque, la tenue de route est absolument incroyable, vous pouvez viser la corde de chaque virage au millimètre près. Et le freinage semble pouvoir arrêter un train de marchandises sur 50 m tout en étant d’une précision chirurgicale. Tout n’est que contrôle, puissance et justesse, le tout accompagné par les hurlements mélodieux du V8 biturbo. L’expérience est incroyable.

L’autre claque que j’ai prise avec cette McLaren 720S Spider, c’est sa polyvalence. Oui, je sais, poser ce mot au milieu de l’essai d’une représentante des McLaren Supercars Series est pour le moins étonnant, on ne parle pas d’un simple SUV qui se voudrait sportif. Pourtant, le confort que distille cet engin au vu de ses performances est tout simplement hallucinant. On peut rouler avec au quotidien sans avoir besoin de se mettre en couple avec un kiné.

Évidemment, je ne dis pas que c’est l’idéal pour aller faire ses courses ou que c’est une reine du créneau, d’autant que ma version d’essai orientée performance était dépourvue de caméra de recul – un manque facilement comblé par les dizaines de paires d’yeux qui vous regarderont vous garer n’importe où sur la planète – mais pour une supercar qui envoie 720 ch aux roues arrière, sur un filet de gaz ça se conduit comme un vélo. Un vélo qui peut passer de 0 à 100 km/h en 2,9 s… Ouais, ça commence à faire du beau vélo.

Je dois vous faire une confidence, je ne roule pas en McLaren au quotidien, et l’un des avantages auxquels on ne pense pas avec ce genre d’engin totalement hors normes, c’est qu’étrangement, et à la différence d’une sportive même très affûtée, le retour à la “vraie” vie ne nécessite pas de paliers de décompression.

Pour prendre un exemple concret, si vous allez dîner chez un pote qui s’est acheté le dernier écran OLED 85”, vous pourriez bien trouver votre télé un poil petite en rentrant à la maison. En revanche, ça ne vous fait pas ça quand vous rentrez du cinéma. Bon, ben là c’est un peu l’idée, sauf qu’en plus la McLaren 720S Spider est aux sportives ce que l’IMAX est aux cinémas de quartier. L’image vous englobe, le son vous immerge, l’expérience est décuplée. Après, je ne dis pas que je ne voudrais pas d’une salle IMAX chez moi. Ce n’est qu’“une question de budget”. De budget et rien d’autre.

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