Mini JCW Clubman

Alors une Mini de plus de 300 ch, ça donne quoi ?

Cédrik André | Le 31 juillet 2019 |

Note
globale

7
10

Modèle

Mini JCW Clubman

À partir de 44 900 €

Moteur

Quatre cylindres essence, 1 998 cm3, 306 ch, 450 Nm

Conso

7,4 l/100 km
169 g/km de CO2

Performances

0 à 100 km/h : 4,9 s
Vitesse maxi : 250 km/h

Poids

1 550 kg

Verdict

Le Mini JCW Clubman est une vraie sportive de son temps. Accessible et donc trop sage pour certains, raisonnable et donc aseptisée pour certains, efficace et donc trop facile... Sportive oui, mais il manque le grain de folie JCW...

En mai, Mini nous avait mis l’eau à la bouche en nous dévoilant la fiche technique du nouveau Mini JCW Clubman et du Mini JCW Countryman. Leur particularité ? Ils se partagent le même moteur,  le plus puissant jamais posé sous le capot d’une Mini de série : un bloc 4 cylindres Twinpower Turbo de 306 ch. Le même qui propulsera la (très) prochaine Mini GP. En attendant nous avons enfin pu tester le JCW Clubman.

Première bonne nouvelle, ce n’est pas un SUV. Rien que ça, ça donne la banane. Autre bonne nouvelle, c’est une Mini. Je m’explique… Pour moi, le syle Mini est inimitable. On adore ou on déteste, certains trouverons ça trop chargé, personnellement j’adore. C’est vrai, il y en a partout mais ces touches interrupteurs, cet énorme rond central, ce volant torturé, ces compteurs atypiques… bref, cette profusion de détails lui donne du caractère. C’est l’anti-Tesla Model 3, totalement épurée et sans le moindre bouton. Bon, évidemment, le tableau n’est pas parfait. Pour commencer, j’ai toujours autant de mal avec l’interface de l’infotainment mais, surtout, je ne comprends toujours pas l’absence d’Android Auto alors qu’Android détient 75% de part de marché dans le monde et a passé les 80% de part de marché en France. Seule explication envisageable (et encore…) Apple reste légèrement leader aux États-Unis mais les courbes se rapprochent. Et d’ici à ce que Mini imite BMW en faisant payer un abonnement à ses clients pour pouvoir utiliser Apple CarPlay, il n’y a pas loin…

Mais assez parlé de tout ça. On est là pour parler bagnole, pas dock pour téléphone portale, non ? Donc, pour revenir à la Mini et à son habitacle, la présentation est détaillée et flatteuse si on adhère au concept. Et puis, à l’heure où on a l’impression que 12 voitures neuves sur 10 sont des SUV, un petit break sportif avec ses portes arrières si originales, ça fait du bien. Bon, évidemment, si vous vous baladez dans les quartier huppés de la Capitale ou de toute grande agglomération, vous trouverez vite que l’anti-conformisme a ses limites, on a parfois l’impression que certaines rues du XVIe arrondissement servent de parking à un concessionnaire Mini mais on ne va pas leur reprocher leur succès…

Reste à savoir comment se comporte ce break énervé. Avec 75 ch de plus que la génération précédente grâce au même moteur que la BMW M135i, on s’attendait à du sport. Bonne nouvelle, les 306 ch sont là et bien là. Seulement… il nous a semblé qu’il manquait quelque chose. Le moteur est volontaire et ses montées en régime sont grisantes, la boîte sport Steptronic à huit rapports est bien étagée et a été si bien programmée qu’on ne ressent pas le besoin de jouer des palettes au volant (jouer… au sens propre avec ces palettes en plastique façon volant Playskool, l’originalité a ses limites). Seule réserve, en mode sport et à pleine charge, la boîte donne des à-coups franchement caricaturaux aux passages de rapports jusqu’à la 4. Caricaturaux au point de déséquilibrer légèrement l’auto si vous mettez pied dedans dans une sortie de courbe qui ouvre. En revanche, mention spéciale aux modes de conduite. On se plaint souvent qu’il n’y a pas de vraie différence entre les mode standard, sport, éco ou autres,  ici en mode Sport on la sent qui s’agace, prête à bondir à la moindre sollicitation du pied droit alors qu’à l’opposé, le mode Green semble totalement anémique et, entre les deux, le mode Mid fait parfaitement son job de… mode Mid.

La tenue de route est impeccable grâce à la transmission intégrale All4 et on sent l’effet du différentiel avant au moment d’aller chercher la corde dans les épingles. Malheureusement, la direction manque un peu de consistance. Seul vrai souci que j’ai rencontré, un freinage qui laissait à désirer mais, mes confrères ayant été plutôt convaincus par le freinage, je vais mettre cette pédale spongieuse sur le compte d’un système de freinage rincé par un utilisateur peu scrupuleux avant moi. Je n’ai pas pu de tester une autre modèle sur le moment mais ce sera une bonne excuse pour refaire bientôt un tour à bord de ce Mini JCW Clubman en région Parisienne. La suspension est ferme (voire un peu sautillante sur chaussée très dégradée) mais reste confortable et puis… c’est ce qu’on attend d’une Mini. Et c’est là que le bât blesse. Ce qu’on attendait d’une Mini, c’était aussi quelque chose de plus brutal, de plus radical, de plus… Mini et son Go Kart feeling. Mais le chef de produit nous a confié que c’était volontaire. Ce JCW Clubman, bien que JCW, se destine avant tout aux familles. D’où un typage moins radical. Ça peut s’entendre et ce JCW Clubman reste une très bonne sportive pour papa pressé mais… dans ce cas, trouvez un autre nom – si le département naming n’est pas débordé à lister tous les hot spots anglais pour baptiser toutes les séries spéciales  – et gardez JCW pour des réalisations vraiment radicale ! (je l’ai déjà dit ?)

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