TopGear magazine #36

Dans le nouveau TopGear magazine, il y a des Lambo, Porsche, McLaren, BMW, Peugeot, Audi... en essence, des hybride ou électrique. Saurez-vous deviner qui fait quoi (vous risquez d'avoir des surprises...)

Cédrik André | Le 22 avril 2021 |

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TopGear magazine #36

Édito

La révolution n’est plus “en marche”, elle a eu lieu ! Si on m’avait dit, quand nous avons lancé TopGear en France, que six ans plus tard la moitié des voitures testées dans le mag seraient des électriques… Et on n’est pas sur du quadricycle à piles façon Citroën AMI. On parle notamment d’une Audi RS e-tron GT de près de 600 ch, d’un monstrueux 4×4 Mercedes de l’extrême ou d’un Porsche Taycan dit “d’entrée de gamme” avec près de 400 ch aux roues arrière ! Sans oublier les “hybrides”, et là on tape carrément dans les supercars avec une Lambo Sian à la technologie révolutionnaire – mais à l’efficience beaucoup plus discutable… – et une McLaren Artura qui offre quasiment les perfs d’un P1 pour même pas un quart du prix. Bref, à ceux qui craignaient que l’électrification de l’automobile signe l’arrêt de mort des sensations et du plaisir de conduite, les constructeurs répondent non.

En revanche, à force de devoir répondre aux innombrables réglementations, normes et autres taxes antipollution pondues à grands coups de démagogie par les gouvernements (principalement européens) et aux investissements colossaux que ça implique en R&D, l’immense majorité de la production thermique a petit à petit abandonné le caractère et la singularité au profit de la sacro-sainte efficience. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des gammes complètes dotées d’un même bloc 3 ou 4 cylindres, proposé dans différents niveaux de puissance à la faveur d’une cartographie moteur.

Du coup, les gars qui, avant, nous vendaient des voitures ont été obligés de se rabattre sur leur dernier espoir, le dernier maillon de la chaîne, le service marketing… (ma femme va me tuer !) Et là, pour nous vendre des R-S-RS-N-ST-GT-Line, nous faire des tartines sur la compatibilité avec un smartphone, nous planquer les réglages de la clim dans les menus d’une interface tactile décryptable uniquement par Champollion – parce que le tactile, c’est moderne… – ou nous pondre des suspensions à 15 (oui, QUINZE !) niveaux de réglage, là, y’a du monde !

Heureusement, il reste quelques inconditionnels pour qui l’émotion automobile passe aussi par la symphonie d’un V12, la rondeur du gros V8 4.0 de la Bentley Flying Spur, la rage du 6 en ligne 3.0 de la nouvelle BMW M3 ou même la vigueur du 4 cylindres 2.0 qui équipe la Golf R ou la dernière Octavia RS. Mais sincèrement, pour une grande partie de la production actuelle, le plaisir de conduite n’y est plus.

Alors voilà ce que nous, chez TopGear magazine, nous proposons. Mettons fin à la production de la soupe des 3 et 4 cylindres (sauf quelques exceptions à sauver) et remplaçons tout ça par des déplaçoirs à piles qui, au demeurant, sont agréables et font parfaitement le job, et laissons les amateurs profiter de belles mécaniques. Par définition, les voitures dites “plaisir” ne sont pas utilisées au quotidien pour aller bosser. Si on met la démagogie de côté 5 minutes, quelle que soit la quantité de rejet d’un V12 Ferrari au km, ramenée au cycle de vie complet du véhicule, je doute qu’elle soit supérieure à celle d’une citadine lambda.

À la manière du décrié Cayenne qui avait fini de sauver Porsche (le redressement avait été initié par le Boxster) avant de lui donner les moyens de décliner des versions toujours plus extrêmes de la 911 et de briller en compétition, appuyons-nous sur l’essor de l’électrification pour donner un avenir à l’automobile plaisir.