Jaguar F-Pace P400e

Pour son restylage de mi-carrière, le Jaguar F-Pace s'offre plus qu'un simple raccord maquillage

Cédrik André | Le 16 septembre 2021 |

Note
globale

8
10

Modèle

Jaguar F-Pace P400e

À partir de 72 290 €

Moteur

Bloc 4 cylindres 2.0 turbo + 1 moteur électrique

404 ch
640 Nm

Conso

l/100 km : n.c.
49 g/km CO2

Performances

0 à 100 km/h en 5,3 s.
Vitesse maxi : 240 km/h

Poids

2 189 kg

Verdict

POUR : Confort, dynamisme moteur, présentation, nouvel habitacle, fiscalité

CONTRE Manque de maintien, trop souple en mode Sport, pas de mode Charge

Objectivement, le F-Pace est l’un des SUV les plus élégants du marché. Alors, quand son restylage a été annoncé, l’inquiétude est montée, celui de la sublimissime F-Type, principalement axé sur les optiques avant, lui ayant coûté une bonne partie de sa personnalité. Avec les premières images, l’inquiétude a laissé la place à la déception de voir que le restylage en question ne changeait finalement pas grand-chose. Le syndrome du jamais content avait encore frappé. À tort, comme souvent. Et même à plus d’un titre, comme rarement.

L’histoire est toujours la même, le cycle de vie d’une auto dure généralement entre six et huit ans avec, au milieu, le fameux restylage. Un lifting plus ou moins léger accompagné, selon les constructeurs et les modèles, de nouveautés allant de l’ajout de nouvelles jantes et teintes de caisse à l’apparition de nouveaux moteurs. Le but étant de ne pas se faire distancer par la concurrence et, souvent, de corriger les erreurs de jeunesse du nouveau modèle. Le problème, c’est qu’avec les restylages trop timides, nous, journalistes, avons parfois la sensation de nous déplacer pour “essayer une calandre”.

Pour commencer, le rafraîchissement extérieur, aussi léger soit-il, permet de moderniser le regard et de gagner en caractère. Mais dès qu’on franchit le seuil, c’est la révolution. Pas un élément ne semble avoir été reconduit. Le volant, les écrans, les sièges… tout, même le dessin et l’ambiance générale, ont été renouvelés. La dalle d’infotainement a bien grandi (11,4 pouces) et n’est plus intégrée à la planche de bord comme les vieux GPS mais posée de façon plus moderne, l’interface est ultraclaire et, c’est assez rare pour être noté, respire la classe graphiquement parlant. Autre bonne nouvelle, la molette de sélection de la boîte de vitesses a disparu au profit d’un petit levier type aviation. Jaguar nous a précisé que les nouveaux sièges offraient un meilleur maintien… Je dois avouer que je n’ai pas souvenir des anciens, mais c’est justement l’un des points que j’avais notés, je trouve au contraire qu’ils manquent de maintien, surtout au niveau de l’assise.

Sincèrement, pour un restylage, s’ils s’étaient arrêtés là, on aurait déjà été satisfaits. Certains clients moins, Jaguar n’ayant jusque-là pas de motorisation hybride rechargeable à proposer sur son gros félin. C’est chose faite avec la nouvelle motorisation P400e. Une hybridation qui fera plaisir à son conducteur avec, comme son nom l’indique presque, 404 ch à dispo sous le pied droit, et à son portefeuille avec zéro malus (et zéro TVS si vous êtes professionnel).

Cette hybridation, la même que celle des Velar et Range Rover PHEV, associe un 4 cylindres 2.0 turbo à un bloc électrique 143 ch, le tout couplé à une boîte auto 8 rapports plutôt efficace. Et le résultat est vraiment convaincant. Dans ses versions thermiques, le F-Pace était déjà un excellent compagnon de voyage, cet hybride P400e est au moins aussi confortable à allure modérée ou sur autoroute avec une mention particulière pour le silence à bord. C’était déjà le cas avant, mais cette mise à jour profite en plus d’un système permettant de camoufler, ou plutôt d’annuler, une partie des bruits venus de l’extérieur en diffusant des contre-mesures (l’onde sonore inverse) via le système audio. Il s’agit du même fonctionnement que les casques audio à réduction de bruit (ANC) qui sont en passe de devenir la norme. Si sur le papier l’idée est bonne pour renforcer la sensation de bulle, attention à ne pas aller trop loin dans l’isolement ; conduire, c’est tout de même partager l’espace public avec les autres usagers. Mais rassurez-vous, si le silence est effectivement notable, on ne se sent pas coupé du monde pour autant.

Là où le F-Pace P400e nous a aussi séduits, c’est en mode dynamique. L’apport de l’électrique permet de très bonnes relances en effaçant presque le surpoids (2189 kg ! mais le F-Pace de base n’était déjà pas une ballerine malgré l’utilisation d’aluminium) et le 4 cylindres offre une allonge dans les relances qui donne envie de rouler dynamique malgré un réglage de suspensions un peu trop souple et un manque de consistance dans la direction (mais pas de précision), même en mode Sport.

Avec une batterie de 17,1 kWh, Jaguar annonce une autonomie WLTP de 53 km. Pour ma part, je me suis retrouvé sans piles au bout de 30 km mais les conditions de mon essai étaient plus orientées plaisir que raison puisque le tracé serpentait sur les hauteurs de Nice. Nul doute que le résultat eût été bien meilleur avec un trajet périurbain saupoudré de bouchons avec dépôt d’enfants à l’école en guise de pit-stop, mais du coup, cette pénurie prématurée d’électricité a mis en avant un autre manque de ce P400e, un mode charge qui aurait été bien pratique pour récupérer quelques ions avant d’arriver en agglomération.

Pour son premier restylage, le F-Pace a entamé une vraie révolution en changeant son agencement intérieur et en ajoutant une nécessaire et très concluante motorisation hybride, tout en conservant l’essentiel, son physique de BG, son statut, sa finition et ses équipements premium. Le plus élégant SUV du marché est (re)devenu l’un des plus désirables.

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