Mercedes GLC 300 de

On nous dit souvent que l'hybride rechargeable est "le meilleur des deux mondes". Et si le meilleur du meilleur était diesel ?

Thomas Riaud | Le 28 décembre 2021 |

Note
globale

8
10

Modèle

Mercedes GLC 300 de

À partir de 63 800 €

Moteur

4 cyl. 2.0 turbo diesel 194 ch + moteur électrique 122 ch

Puissance cumulée : 306 ch

Couple cumulé : 700 Nm dès 1600 tr/min

Boîte automatique 9-GTRONIC à 9 rapports

Conso

1,9 l/100 km (WLTP)
45 à 57 g CO2/km

Performances

0 à 100 km/h : 6,2 s
Vitesse maxi 230 km/h

Poids

Verdict

POUR Seul diesel classé Crit’air 1 !
Conso même batteries vides,
autonomie en élec... et en diesel

CONTRE Poids élevé, prise pour
recharger mal placée, capacité du
coffre restreinte

Contraints par Bruxelles, les constructeurs doivent réduire drastiquement les rejets de CO2 des voitures, sous peine de lourdes amendes. La mise en place précipitée de ce système, encore accélérée depuis le dieselgate, conduit les ingénieurs à électrifier les voitures. Un peu, beaucoup ou… à la folie !

Avant de tomber dans le tout électrique, qui a légitimement de quoi inquiéter les automobilistes tant le réseau de recharge rapide reste encore peu étendu, nombreux sont les constructeurs à proposer des hybrides rechargeables. Des autos fonctionnant avec un moteur thermique et un moteur électrique. Cette solution technique intermédiaire autorise de rouler une cinquantaine de kilomètres en mode électrique. Et ça permet de réduire drastiquement les rejets de CO2 durant les tests d’homologation et donc d’échapper aux malus assassins, ce qui explique leur succès grandissant ! Problème : ces engins sont effectivement vertueux si, et seulement si, on roule le plus souvent possible en mode électrique. Un mode de fonctionnement qui, dans la pratique, reste encore malheureusement trop rare.

Il faut dire que cela nécessite de modifier ses habitudes et de recharger dès que possible la batterie. Un peu comme on se balade maintenant en permanence avec le câble de rechargement de son portable. Surtout que ces hybrides rechargeables sont souvent achetées par des sociétés avec une arrière-pensée fiscale. Des sociétés qui, en plus d’une voiture de fonction, fournissent souvent une carte carburant. Et des utilisateurs ne payant pas leur essence ont tendance à « négliger » la charge. Forcément, traîner près de 300kg de batteries vides et de moteur électrique inopérant devient vite contre-productif. Au point d’entraîner une surconsommation notable, la plupart des SUV hybrides rechargeables sirotant alors près de 10 l/100 km sans forcer. Vous avez dit absurde ?

Ça l’est d’autant plus que toutes les voitures hybrides rechargeables embarquent, pour seul moteur thermique, un bloc essence. Un choix qui semble effectivement pertinent sur une citadine ou pour les petits rouleurs. Mais ça devient un non-sens absolu sur une familiale à long rayon d’action. Comme sur le Mercedes GLC par exemple (4,65 m), rival direct des Audi Q3 et autres BMW X3. Autant dire un poids lourd sur le segment des SUV familiaux premium ! Mais pour résoudre ces problèmes récurrents de surconsommation lorsque l’on roule avec la batterie vide, Mercedes a eu une idée de génie : glisser sous le capot non pas un bloc essence, mais un bon vieux… diesel ! Cela donne l’inédit “GLC 300 de”, un Mercedes GLC PHEV diesel, que l’on devrait croiser de plus en plus sur nos routes dans les mois à venir tant la formule est convaincante.

Une fois la batterie de 13,5 kWh chargée via une trappe située dans le pare-chocs arrière (et donc assez vulnérable), on roule principalement – comme avec n’importe quelle hybride plug-in – sur la seule batterie. Celle-ci alimente alors un moteur électrique développant l’équivalent de 122ch. Sans jouer une seule fois la carte de l’écoconduite nous avons parcouru près de 40km sans brûler une goutte de carburant. De quoi suffire au plus grand nombre pour effectuer les petits trajets du quotidien. Et pour vous évader plus loin le week-end, le diesel prend le relais. Il s’agit du convaincant 4 cylindres 2.0 turbo diesel du GLC 220d développant 194ch (et 400Nm), couplé à la boîte automatique 9-GTRONIC. Mine de rien, ce SUV développe en puissance cumulée 306ch. Ce qui lui permet d’effacer le 0 à 100 km/h en à peine 6,2s et d’approcher les 230km/h ! Mais le meilleur est à venir…

En roulant bon train, un p’tit 150 km/h compteur (sur autoroute allemande, bien entendu !), la consommation moyenne n’excède pas les 7,5 l/100 km. Cela reste, avouez-le, plus qu’honorable pour un SUV de ce gabarit. Et en conduisant pied léger et en essayant de récupérer un maximum d’énergie au freinage, la consommation dégringole à seulement 5,1 l/100 km (et l’autonomie grimpe à 750 km), soit encore moins que certaines citadines essence. Record battu haut la main pour un SUV hybride rechargeable. Y compris pour ceux qui ont fait l’effort de développer un moteur essence à cycle Atkinson comme Ford, Toyota ou Renault !

Alors bien sûr, on peut légitimement reprocher à ce Mercedes GLC 300 de sa capacité de coffre fortement réduite. Avec environ 155 l dévolus aux batteries, ça limite la capacité à seulement 395 l. Et puis il y a le prix, annoncé à 63 800 € sans options. Ce qui va nécessitera quelques dizaines de milliers de kilomètres avant de l’amortir. Mais il y a quelques bonnes raisons objectives de se réjouir… Outre le fait que l’on échappe à tout malus (rejets de 45 à 57 g/km), ce SUV hybride rechargeable gavé au gasoil – qui reste pour l’heure une proposition unique sur le marché – bénéficie, au grand dam des talibans écologistes, d’une pastille “Critair 1”. Oui, oui, vous avez bien lu ! Ce Mercedes GLC 300 de est “Critair 1”. Une pastille plus agréable à recevoir qu’une médaille, qui vaut à elle seule son pesant d’or !

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