Peugeot 408

Avec cette nouvelle 408, Peugeot ne propose pas 'seulement' une nouvelle voiture, mais une nouvelle vision de la berline.


Publié le : 20 janvier 2023

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Un vrai châssis Peugeot qui a quand même fait quelques concessions au confort, mais qui se révèle largement assez dynamique pour une utilisation en bon père de famille, même pressé

Les plus Proposition différente, look (pour qui aime)
Les moins Look (pour qui n’aime pas...), position de conduite, boîte

Avant même de se demander si on aime ou pas, généralement la première pensée qui vient en découvrant cette nouvelle 408 est : mais qu’est-ce que c’est que cet engin ? Question légitime à laquelle nous allons tenter de répondre.

Peugeot la qualifie volontiers de berline surélevée. Oui, mais ce n’est pas tout. Ajoutez à cela un arrière de coupé fastback et beaucoup de langage stylistique emprunté aux SUV, notamment au niveau des pare-chocs, et vous obtenez la définition parfaite du crossover, un véhicule à la croisée des chemins de plusieurs catégories. Et c’est là que ça devient intéressant. Si aujourd’hui nous sommes noyés sous un amas d’autoproclamés SUV, l’initiateur de cette vague devenue lame de fond, le Nissan Qashqai, ne se qualifiait pas de SUV mais de crossover. Un look de baroudeur (…), une habitabilité de monospace (….) et un comportement de berline (….…). Quoi qu’il en soit, avec le Qashqai, Nissan avait à son époque signé l’arrêt de mort de la catégorie reine des familles, les monospaces. De là à soupçonner Peugeot voudrait-il faire la même chose en lançant une nouvelle race de berlines prêtes à détrôner les SUV ? Certes, ça peut sembler étonnant au premier abord de voir le leader des SUV en France lancer l’arme pour se tirer une balle dans le genou mais… d’un autre côté, si quelqu’un doit le faire, autant que ce soit eux.

Alors, elle est comment cette nouvelle race de berlines ? Esthétiquement, je vous laisse juger. En tout cas, on a bien un “effet SUV” avec un museau très vertical, encore tiré vers le haut par les plis du capot. D’ailleurs, vous ne trouvez pas que ce capot ressemble furieusement à celui de la nouvelle 308 ? C’est normal, c’est le même ! Les flancs sont pleins de plis de carrosserie, mais ça permet de camoufler un peu la hauteur des panneaux latéraux. Quant à l’arrière, c’est probablement lui qui me pose le plus de problèmes avec ses grosses protubérances de plastique noir qui semblent sortir du pare-chocs, toujours pour éviter un effet trop massif. Je reste dubitatif.

À l’intérieur, le coup de crayon Peugeot fait toujours son petit effet. Le dessin des sièges est toujours une réussite, le style du mobilier est moderne, sobre (plus qu’à l’extérieur), et la réalisation de qualité. La planche de bord est intégralement reprise de la 308 avec ce bel écran 10 pouces dont les commandes mêlent des “touches” tactiles personnalisables, des boutons physiques “toggle switch” maison, et même une molette qu’on peut tourner avec les doigts pour régler le volume du son qui sort des portes. C’est bô la modernité. Et ça FONCTIONNE ! Bon… on a vu plus intuitif comme menus, mais c’est déjà beaucoup mieux et plus réactif qu’avant.

Mais si Peugeot a voulu mettre en avant l’aspect berline, c’est quand même bien parce qu’une berline, quoi qu’on en dise, pour quelqu’un qui aime conduire, c’est toujours plus engageant et plaisant à emmener qu’un SUV. Je parle évidemment à performances équivalentes, n’allez pas me jouer la mauvaise foi à comparer un DBX707 et une Logan (j’vous connais, hein !). Et donc, cette berline, elle donne quoi ? Bah… en vrai, c’est pas mal ! Si on n’a pas exactement la rigueur d’une 508, on est quand même bien dans une vraie berline. Plus près du sol, les liaisons sont plus franches, l’ensemble est rigoureux et prend très peu de roulis en virage. Un vrai châssis Peugeot qui a quand même fait quelques concessions au confort, mais qui se révèle largement assez dynamique pour une utilisation en bon père de famille, même pressé. La motorisation PHEV 225 n’incite pas à se relever la nuit mais elle fait le job malgré une boîte EAT-8 plutôt feignante et promet une autonomie 100 % électrique de 62 km. J’ai juste du mal avec la position de conduite.

Moi qui suis un fervent défenseur du i-Cockpit et du petit volant, c’est la première fois que j’ai été gêné. Pourtant, par rapport à une 508, cette configuration offre naturellement plus de latitude de réglage, notamment de la hauteur de siège. Mais j’avais l’impression de conduire avec le volant sur les genoux, même quand il était au plus haut. Et comme, dans ce cas, le haut de la jante de volant me cachait le bas de l’affichage, j’ai dû encore le baisser. Sincèrement, après quelques dizaines de kilomètres, je m’y suis fait et la vivacité apportée par le petit volant reste un bonheur. Mais j’ai toujours du mal à admettre qu’une voiture m’oblige à adapter ma position de conduite et non l’inverse.

Reste à savoir si Peugeot réussira à révolutionner le paysage automobile mondiale avec cette 408 comme le Qashqai en son temps. Difficile à dire, mais l’objectif est plus que louable, remettre un peu de plaisir de conduite dans une familiale, la promesse est sympathique et la réalisation plutôt convaincante.

Peugeot 408

Année
2022
Prix mini
48300 €
Type de moteur
Hybride
Longueur
4687 mm
Largeur
1859 mm
Hauteur
1478 mm
Poids
1706 kg
Boîte de vitesses
Automatique
Nombre de rapports
8
Transmission
Traction
Puissance
225 ch
Couple
360 Nm
0 à 100 km/h
7,8 s.
Vitesse max
233 km/h
Conso
1,2 l/100km
Rejets
26 g/km CO2
Capacité
12,4
Autonomie
62 km

Moteur thermique

Type
Thermique
Nombre de cylindres
4
Cylindrée
1598 cm³
Alimentation
Turbo
Type carburant
Essence
Puissance
180
Couple
300

Moteur électrique

Type
Électrique
Position
Avant
Puissance
110