Le salon de Genève 2021 annulé à son tour ?

L'avenir des salons automobiles apparaît "très incertain"

La rédaction | Le 28 mai 2020 |

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Aïe. Tel que ça se présente, il est probable que le salon de Genève ne soit pas de retour en 2021. Rappelons qu’en 2020, il a été annulé trois jours avant son ouverture à cause du coronavirus.

« L’organisation d’une édition en 2021 est très incertaine pour l’instant, ont regretté mercredi les responsables de l’événement. […] Les exposants majeurs du GIMS [Geneva International Motor Show, NDLR] nous encouragent et recommandent vivement d’envisager la prochaine édition en 2022. »

La fondation qui tient les rênes est arrivée publiquement à cette conclusion après avoir sollicité un prêt de l’Etat de Genève pour couvrir les pertes de 11 millions de francs suisses (10,3 millions d’euros) liées à l’annulation de l’édition 2020. L’Etat en a proposé davantage, mais à condition que l’événement soit désormais intégralement sous-traité par Palexpo, la société propriétaire des locaux. La fondation s’y est opposée, jugeant cette exigence incompatible avec ses statuts et l’esprit de la manifestation, née il y a plus d’un siècle.

Les salons automobiles internationaux n’avaient pas attendu la pandémie pour devenir une espèce en voie de disparition. Bien avant que la planète s’arrête de tourner, le salon de Francfort avait déjà annoncé qu’il migrerait à Munich pour 2021 (dans l’espoir d’élargir ses débouchés auprès d’une clientèle plus aisée, comme à Genève). Detroit, quant à lui, avait prévu de décaler son créneau habituel de janvier vers le mois de juin pour se transformer en foire estivale plus familiale, mais l’édition 2021 a bien sûr dû être annulée. Paris, qui alterne à l’automne avec Francfort, a lui aussi renoncé pour cette année.

Les salons étaient déjà menacés par la fronde des constructeurs, dont beaucoup privilégient depuis plusieurs années les lancements individuels. Ce type d’événement est beaucoup moins coûteux, et ses retombées sont garanties par rapport à une présentation dans la cohue d’un hall d’exposition surpeuplé, où des dizaines d’autres nouveautés se disputent l’attention des médias et des visiteurs. Le coronavirus n’a fait qu’accélérer la tendance.

Genève a toujours semblé mieux résister que les autres. Si l’événement helvète parvient à se remettre en selle en 2022, ce sera bon signe pour les salons en général. Sinon, il faudra se préparer à tirer un trait dessus.

 

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