L’Aston Martin Valkyrie a fait ses premiers tours de roues à Silverstone

Le pilote d’essai Aston nous dit ce que ça fait de rouler dans une hypercar hybride de 1176 ch

Valentin Langard | Le 15 juillet 2019 |

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On a l’impression que ça fait des siècle qu’on l’a vue pour la première fois mais cette fois ça y est, l’Aston Valkyrie ROULE !

Juste avant la séance de qualifications du Grand Prix du Royaume-Uni 2019, Chris Goodwin – pilote essayeur « haute performance » d’Aston Martin – a fait faire un tour de Silverstone à l’hypercar, pour débuter une phase « de tests dynamiques intenses » avant que les premiers clients ne prennent possession de leurs engins d’ici quelques mois.

« Elle est dans une catégorie à part. Ça n’a rien à voir avec toutes les voitures que j’ai pu conduire auparavant », nous dit-il.

« Ça se rapproche plutôt de la Formule 1. Je conduis des GT de course tout le temps – et ça n’a rien à voir. Même la position de conduite se rapproche beaucoup de celle d’une F1. Quand on démarre le moteur, on en ressent toute la puissance à travers la structure du véhicule. On s’y sent connecté, branché. C’est très excitant, et ce avant même d’avoir passé la première ».

Goodwin décrit le programme de développement de la Valkyrie comme « similaire à celui de Red Bull en Formule 1, puisqu’il s’appuie davantage sur la simulation que sur les véritables essais », ce qui signifie que les petits détails sont bien plus vite réglés. Et en effet, même si c’est la première fois que l’on voyait la Valkyrie se mouvoir par elle-même, ses créateurs l’ont déjà fait rouler des heures et des heures sur des simulateurs – de niveau Formule 1 là encore.

Comme c’était une première, Goodwin nous confie y être allé tranquille. La voiture n’utilisait d’ailleurs que la moitié de sa puissance. « Il faut savoir marcher avant de pouvoir courir », explique-t-il. « C’est un véhicule d’essai. Le reste de sa vie sera consacré à la calibration des moteurs – électrique et thermique – et à leur intégration à la boîte de vitesses ».

Après son tour de démonstration, Goodwin nous explique qu’Adrian Newey lui a demandé énormément de retours sur la direction, la motorisation, la suspension et ainsi de suite… « C’était une démonstration pour les médias et les fans, mais j’avais tout un tas de gens assoiffés de technologie sur mon dos, qui essayaient d’extraire toutes les données recueillies par mon petit cerveau ».

Il ajoute : « Rouler vite, c’est la partie facile. Le plus dur et le plus technique, c’est de rendre cette performance constante et cette voiture incroyable à conduire sur n’importe quel circuit – sans négliger son comportement sur la route. C’est une voiture de sport britannique, elle sera donc parfaite pour les routes britanniques. Si vous pouvez faire une voiture adaptée à nos routes, elle sera à l’aise n’importe où ».

Un record au Nürburgring en vue ? « Je n’y penserais pas trop si j’étais vous », explique Goodwin. « Si vous avez besoin de ça pour vendre vos voitures, peut-être devriez-vous revoir votre copie ».

« On va simplement s’assurer que cette chose ait la bonne tenue de route, la bonne maniabilité et la bonne dose de puissance. Le reste se fera tout seul ».

Pour rappel, l’Aston Martin Valkyrie s’annonce comme la plus extrême des hypercars jamais conçues. Développée en partenariat avec Red Bull Advanced Technologies et AF Racing, elle sera construite à hauteur de 150 exemplaires – tous déjà vendus pour un peu moins de 3 millions d’euros. La vedette, c’est son V12 atmosphérique Cosworth dont la ligne rouge est fixée à 11 100 tr/min. Il chante aussi bien que vous pouvez l’imaginer. Associé à un système hybride signé Rimac, il permet à la Valkyrie de produire 1176 ch et 900 Nm de couple.

Elle devrait aller très vite en ligne droite, ça c’est sûr. Mais là n’est pas l’intérêt. Sur un circuit, on nous promet que la Valkyrie sera la voiture homologuée sur route la plus rapide jamais vue. C’est sur cette base qu’Aston va d’ailleurs rejoindre la catégorie reine du WEC en 2021, lorsque les LMP1 tireront leur révérence au profit des hypercars comme la Valkyrie.

Les premiers clients seront livrés d’ici la fin de l’année. On les envie un tout petit peu.

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