Maserati Quattroporte Trofeo

Dans la famille les grandes berlines ultra-sportives injustement oubliées, je voudrais la Maserati Quattroporte Trofeo

Thomas Riaud | Le 22 décembre 2021 |

Note
globale

7
10

Modèle

Maserati Quattroporte Trofeo

À partir de 171 100 €

Moteur

V8 3.8 biturbo
580 ch
730 Nm

Conso

12,4 l/100 km
276 à 282 g CO2/km

Performances

0 à 100 km/h en 4,5s
326 km/h

Poids

2000 kg

Verdict

POUR Look, sensualité, bonnes
performances mais...

CONTRE ... en dessous de la
concurence, sonorité décevante

Parmi les grandes routières sportives, il est difficile d’échapper à l’hégémonie allemande, ultradominante sur cette catégorie. Difficile, mais pas impossible. Car de l’autre côté des Alpes, Maserati se bat depuis les années 60 pour proposer une alternative crédible. Notamment sous les traits de la dernière Maserati Quattroporte Trofeo.

Bien sûr, depuis la toute première génération apparue en 1963, l’auto a fortement évoluée, et la 6ème et ultime mouture n’a plus grand-chose à voir. Excepté bien sûr son gabarit de longue berline XXL, abritant toujours un noble V8 capable de chanter la Scala. Le tout servi par un style fort, un rien baroque, signé successivement au gré des modèles par les plus grands maîtres italiens (Pininfarina, Gandini, Giugiaro…).

Depuis 2013, la dernière Quattroporte tente de faire valoir ses nombreuses qualités qui tranchent avec le conformisme des berlines allemandes. Sa peau en aluminium étale sur 5m26 de long une beauté singulière. Son museau plongeant de squale affiche une calandre gourmande, prélude à une impressionnante « salle des machines », qui est ici au cœur de toutes les attentions. Ceci est vrai sur une Quattroporte « de base ». Et ça l’est davantage encore sur cette nouvelle version « Trofeo », mettant encore plus que d’habitude l’accent sur le sport. D’ailleurs, signe qui ne trompe pas, les ouïes latérales intégrées dans les ailes avant – utiles pour évacuer les calories dégagées par la machinna – sont ici soulignées de rouge !

 

Maserati Quattroporte Trofeo

Et ce n’est pas qu’une simple coquetterie stylistique. Le long capot abrite  un V8 3.8 d’origine Ferrari gavé par 2 turbos. En tout, 580 ch et 730 Nm de couple ! Le commun des mortels trouvera peut-être que ça fait beaucoup… Pourtant question écurie, la belle italienne reste un ton en-dessous ses rivales allemandes, qui osent toutes égaler ou dépasser la barre symbolique des 600 ch. Dommage que Maserati n’ait pas vu les choses en plus grand. Car en plus, le luxe se paye sur la balance : 2000 kg ! Malgré la présence d’un inédit Launch Control et même d’un très sportif « mode Corsa », notre vaisseau doit se résigner à couvrir le 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. Soit près d’une bonne seconde de plus que ses rivales teutonnes. Seule la vitesse de pointe – annoncée à 326 km/h – parvient à la hisser au niveau de la concurrence.

Je sens pointer en vous une certaine déception. Et c’est vrai que malgré des accélérations plus que convaincantes et une réactivité sans faille de la boîte ZF à 8 rapports, on reste un peu sur sa faim. Car même si Maserati a préservé une certaine sportivité en affûtant les trains roulants, le plus préjudiciable vient de… la bande son ! Un véritable crime de lèse-majesté ! Qui s’explique par une castration organisée par les normes antipollution pondues par l’Europe, à grands coups de catalyseurs et autres filtres à particules. Ca me coûte de le dire, mais une Mercedes AMG GT sonne bien mieux. Et pour ne rien arranger, Maserati a doté sa limousine d’un efficace double vitrage. Cela va dans le sens du confort. Mais pas dans celui des sensations !

Maserati se rattrape en soignant la présentation. Enfin rigoureuse, mais surtout autant chic que sportive, la Maserati Quattroporte Trofeo propose notamment une superbe sellerie en cuir gaufré (avec un trident incrusté dans les appuie-têtes !) et une planche de bord tout en carbone. Sans oublier un dispositif d’infodivertissement revu et corrigé, avec un écran tactile de 10,1 pouces enfin au goût du jour. C’est qu’il faut bien justifier les 171 100 € réclamés (hors options et malus de 30 000 €). Alors oui, c’est cher, mais pas plus que ses rivales directes. Et si la nouvelle génération de Quattroporte n’est plus aussi expressive que par le passé (souvenez-vous de la scène d’ouverture culte du film « Intouchable » !), cette grosse propulsion possède cette rare faculté à exciter les sens, tout en se posant comme une alternative « exotique ». Diablement tentante…

 

Articles associés

Plus d'articles