Ferrari ne renoncera pas au V12

Les Italiens feront tout pour assurer la survie de l’espèce

Greg POTTS • Niels de GEYER | Le 12 septembre 2019 |

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En 1947, la première voiture de route commercialisée par Enzo Ferrari, la 125s, était animée par un mignon V12 de 1,5 l développant 118 ch. Rapidement, les cylindrées ont grimpé, les puissances aussi, jusqu’à la 812 Superfast et son monumental 6,5 litres de 800 ch, toujours sans la moindre suralimentation.

Beaucoup ont déjà annoncé que ce bloc serait le dernier de la lignée, avant un downsizing inévitable sous l’effet des normes environnementales. C’est peut-être ce qui se produira, mais le constructeur compte bien repousser l’échéance autant que faire se peut.

« Nous nous battrons pour ce moteur, a ainsi promis Michael Leiters, directeur de la R&D chez Ferrari, lors de la présentation de la 812 GTS au salon de Francfort. Nous avons des idées intéressantes pour son développement. Les normes Euro 6 nous ont obligé à ajouter un filtre à particules sur la GTS, et il y a de nouveaux seuils à respecter en matière de CO2, notamment en Chine et aux Etats-Unis. »

Ce filtre à particules été un casse-tête pour Leiters et son équipe puisqu’il impliquait une perte de puissance par rapport au coupé. Il a fallu retrouver des chevaux pour que la GTS n’ait pas à rougir de sa fiche technique, et c’est de cette partie-là qu’il est le plus fier dans la conception de cette version découvrable.

Ferrari est-elle est vouée à devenir le dernier bastion du V12 ? « Je ne sais pas ce que les autres constructeurs font, mais s’il y a une marque qui a les moyens financiers et technologiques de poursuivre dans cette voie, c’est bien Ferrari », concède Leiters.

Quels autres problèmes pourraient compliquer la sauvegarde de l’espèce ? « Le bruit, explique-t-il. Les normes entrées en vigueur il y a un an et demi sont extrêmement contraignantes pour nous car non seulement le niveau sonore acceptable a été revu à la baisse, mais la méthodologie des mesures est beaucoup plus stricte. C’est une problématique à prendre en compte pour un V12. »

« L’autre défi est intrinsèque, poursuit-il. Nous avons atteint un niveau de puissance qui, pour un moteur atmosphérique, est exceptionnel. Aujourd’hui, personne n’a besoin de 800 ch, mais tout le monde en veut. »

« Je pense que nous devons étudier une nouvelle approche pour l’avenir, tout en montrant que nous continuons à progresser. »

Bref, le V12 n’a pas dit son dernier mot. Forza Ferrari !

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