Au Mans, les hypercars vont remplacer les LMP1

GT1, le retour de la vengeance ?

La rédaction | Le 6 décembre 2018 |

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À partir de 2020, une nouvelle race d’autos qui dominera l’endurance. C’est officiellement officiel : des hypercars hybrides, ou plus précisément, « d’élégantes voitures hybrides hautes performances » seront engagées en WEC (World Endurance Championship), dont Le Mans constitue l’épreuve reine.

Les actuelles LMP1 vont donc tirer leur révérence, et leur coût astronomique avec, au profit de nouvelles hypercars moins élitistes budgétairement parlant.

Mais pas moins excitantes, promet la FIA. Voilà un bout de temps que les instances étudient un changement de réglementation dans la catégorie reine de l’endurance, progressivement désertée par toutes les usines hormis Toyota. Leur objectif : doper l’attractivité de la discipline en réduisant les coûts tout en recréant une vraie filiation avec les voitures de sport de série.

Ces voitures, explique la FIA, devront « attirer les experts comme les néophytes » et incarner les notions de « sportivité, compétition, vitesse, adrénaline, passion », et plein d’autres mots-clés pêchus. « La réglementation devrait encourager les constructeurs à produire des voitures qui ressemblent à leurs homologues routières », assure Vincent Beaumesnil, directeur sportif de l’Automobile Club de l’Ouest (ACO), tout-puissant organisateur des 24 Heures du Mans.

Concrètement, ces nouvelles autos seront sensiblement plus lentes, avec un tour du circuit de la Sarthe estimé à 3’22 en qualifications et 3’27 en course. À comparer aux chronos de 3’15 et 3 ’17 pour la Toyota LMP1 n°8 qui a signé la pole, la victoire et le meilleur tour en course en 2018…

Pour cela, chaque voiture n’aura droit à une motorisation électrique que sur le train avant, développant une puissance maximale de 272 ch. La batterie pèsera 70 kg, le moteur 50 kg. Ce système hybride pourra être loué – par une écurie privé à un constructeur, par exemple – pour 3 millions d’euros (budget annuel pour deux voitures).

Maintenant, le vif du sujet. Le moteur thermique sera limité à 707 ch, pour un poids minimum de 180 kg. La FIA précisera un peu plus tard les consommations à respecter pour limiter les coûts de développement. On parle bien toujours de monstres flirtant avec le millier de chevaux, mais pour un poids minimum de 1 040 kg, soit presque 200 kg de plus que les actuelles LMP1, et avec une aérodynamique beaucoup plus restrictive, à la fois pour limiter les coûts et permettre aux designers de s’exprimer davantage. Il n’y aura qu’un seul manufacturier de pneus, avec trois spécifications en slick et deux en « pluie ».

Toujours dans cette optique de maîtrise des coûts, la FIA évoque des équipes de 40 personnes maximum et des essais limités entre les courses, le tout pour un budget annuel de 20 millions d’euros pour deux voitures sur une saison.

Même si les voitures marqueront donc une nette régression en termes de technicité et de vitesse pure, le nivellement des performances entre les écuries pourrait profiter au spectacle et permettre aux privés d’avoir une chance de jouer les premiers rôles. Pour s’en assurer, la FIA a même prévu un « success ballast », soit une pénalité de 0,5 kg par point gagné au championnat, dans une limite de 50 kg. Pour éviter les controverses liées à la « balance of performance » ces dernières années, Les 24 Heures du Mans – la seule épreuve qui intéresse les constructeurs, soyons lucides – ne seront pas concernées par ce dernier point.Ouf.

Autre règle alléchante, celle qui oblige les constructeurs à homologuer leur moteur hybride pour un usage routier, et ainsi d’en vendre 25 exemplaires sur des voitures de route la première année, et 100 la deuxième. Vous la sentez venir la vague de « stradale », comme au bon vieux temps des GT1 ?

Après consultation des fans, on connaîtra début 2019 le nom définitif de ces nouvelles stars de l’endurance (Hypersport ? Ultra GT ? e-Sports Cars ? Groupe Z ?). De nombreux constructeurs ont déjà exprimé leur intérêt pour ce changement de cap, parmi lesquels McLaren, Aston Martin, Ferrari, Ford, Koenigsegg ou Toyota, qui a présenté en début d’année un concept Gazoo Racing Super Sport hybride manifestement prêt à l’emploi (en photo ci-dessus).

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