Les secrets de design du nouveau Range Rover

Ok, le nouveau Range Rover est sublime, mais si maintenant on vous expliquait pourquoi...

| Le 29 octobre 2021 |

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Chose promise, chose due, je devais vous parler un peu des techniques qui ont permis à ce Range Rover d’être si semblable et pourtant si différent. Pour commencer, la précision des panneaux de carrosserie a fait un véritable bond. C’est l’une des grandes obsessions des designers mais la précision des ajustements et la réduction de l’espacement entre les panneaux de carrosserie donne inconsciemment un sentiment de qualité. Spécialement sur ce nouveau Range Rover. Avec ses panneaux très purs, sans aucune fioriture, les ajustements réduits au minimum disparaissent presque pour affirmer l’aspect ultra simple, épuré, presque minéral du dessin. La seule ligne de carrosserie marquée est celle qui court de la ligne du capot jusqu’à l’aile arrière. Et comme l’espace entre le capot et l’aile a réduit de moitié, cette ligne latérale, cette pliure en forme de V, a dû elle aussi réduire de moitié. C’est bien plus précis, probablement bien plus difficile à réaliser et vous ne le voyez que quand vous êtes proche.

Range Rover V

D’ailleurs, à la différence de bien des projets, les améliorations sont pour la plupart visibles surtout de près. Mais c’est leur accumulation qui, de loin, donne cet aspect très moderne et très pur à l’ensemble. Par exemple, le toit a beaucoup moins de joints visibles qu’auparavant. En fait, on ne les voit pas car ils ont adopté de nouvelles techniques de soudage. Et nous nous qui pensions que le soudage était dépassé, sans intérêt. Et les joints de vitres latérales ? C’est vrai, on ne parle pas assez des joints de vitres latérales. Pourquoi ? Parce que c’est sans intérêt… ? Peut-être mais… regardez bien. Non, regardez mieux. Les vitres aussi sont toutes affleurantes, les joints inférieurs ont été caché dans le renflement de la ceinture de caisse. Et remarquez comment la custode arrière recouvre le montant C sans joint apparent. Et ce petit triangle soigneusement intégré devant le rétroviseur. Il aide à la visibilité de l’intérieur, mais est à peine visible de l’extérieur. Un détail imperceptible qui participe à la beauté de l’ensemble.

Range Rover V

La nouvelle suspension permet de passer des roues de 23 pouces (oui, oui, 23… !) qui remplissent mieux les arches (tu m’étonnes…). Les blocs optiques sont plus nets, mieux imbriqués dans la calandre, et tout est à fleur de peau, avec des écarts proches de zéro. En fait, on ne dirait pas le Range Rover de cinquième génération mais le concept-car qui aurait annoncé le Range de cinquième génération. Vous savez, les concepts-car, ces rêves de designer dans lesquels des détails pratiques comme les vitres qui se baissent, des essuie-glaces qui essuient, des roues qui peuvent tourner ou les phares qui s’allument ne sont que des obstacles qu’on peut ignorer.

Range Rover V

Et enfin, nous y voilà, c’est à l’arrière que se trouve l’ensemble des modifications qui vous permettront de repérer le nouveau Range Rover à 10 bornes, même couvert de boue et par temps brumeux. Les optiques arrière forment une sorte de rectangle arrondi à trois côtés sous la lunette, le quatrième côté étant assuré par la séparation des deux parties du hayon. Pour s’assurer que les parties noires offrent bien cet aspect « piano black » quelles que soient les condition de lumière, et que les optiques à proprement parler n’apparaissent que quand ils sont allumés, les équipes de Range Rover ont même mis au point une technique spécifique. Elles n’ont pas « simplement » planqué les LED derrière une surface fumée, elles sont en fait installées « à l’envers », planquées derrière une surface opaque et la lumière traverse la bande noire par un jeu de miroir. Après tant d’efforts, ils ont même décidé de conserver cette signature visuelle en l’état même de jour, il n’y aura donc pas de signature lumineuse diurne comme c’est la mode en ce moment. Mais comme le scande McGovern à longueur d’interview, comme un mantra : « le Range Rover ne suit ni les modes, ni les tendances. Il est, tout simplement« . Et cette fois encore, à l’arrière comme ailleurs, les ajustements sont ultra-serrés, réduits à une finesse subatomique. Il faut se souvenir que quand vous étiez derrière un Range originel, les espaces d’ajustement du hayon permettaient pratiquement de voir la lumière du jour s’infiltrer par sa calandre.

Après 50 ans d’évolution, le Range Rover est toujours aussi reconnaissable de loin. Mais grâce au travail de Gerry McGovern, de ses équipes et de la pression qu’ils ont probablement mise sur les ingénieurs et la chaîne de production, tous ces détails qui le rendent si étonnant de loin le rendent plus impressionnant que jamais de près. On passerait des heures à en faire le tour.

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