Le Renault Scenic Vision Concept annonce un Scenic électrique pour 2024

Oubliez la motorisation hybrido-hydrogéno-électrique de ce concept, mais mieux vaut vous habituer à ses lignes extérieures.

| Le 20 mai 2022 |

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Franchement, il n’est pas désagréable à regarder ce Renault Scenic Vision Concept ! Tant mieux parce qu’il est là pour vous donner un avant-goût de ce à quoi ressemblera le nouveau Scenic 100% électrique lorsqu’il débarquera en 2024.

On nous avait promis une Renaulution, on a carrément droit à une résurrection ! On nous avait annoncé la fin du Scenic il y a quelques mois… le Scenic est (déjà) de retour ! Mais avant de trop s’emballer, précisions que ce concept donne surtout un aperçu du design extérieur du prochain Scenic électrique. Pour le reste, tous les éléments futuristes du communiqué de presse et de la fiche technique sont un clin d’œil à l’avenir durable et décarboné que Renault souhaite atteindre pour les années 2030.

« Le concept est presque identique à la voiture de série » nous a déclaré Gilles Vidal, patron du design Renault. Évidemment, on parle de l’extérieur… Et il ajoute « Il s’appellera le Scenic ». Bien que Renault n’a pas encore décidé s’il devra s’appeler Scenic E-Tech come la Megane E-Tech. Le Scenic (ou Scenic E-Tech…) sera un cinq places, le losange estime avoir d’autres voitures plus adaptées à proposer sept places.

Le design que vous avez sous les yeux sera reproduit sur les futurs produits électriques de Renault, à l’exception de la Renault 5 et du futur Renault 4 concept, qui seront des « objets indépendants » qui ne « suivront pas les règles comme les autres ». Ça c’est du teasing…

« Cette signature [lumineuse avant] est un demi-logo Renault » nous explique Gilles Vidal. « Cela le rend très reconnaissable, mais aussi pertinent pour la marque. Et vous pouvez le transformer et l’utiliser de comme vous le souhaitez. On le retrouvera sur cette voiture, mais aussi sur toute la gamme de différentes manières.  »

Et le groupe motopropulseur alors ? Le Renault Scenic Vision Concept utilise le même moteur de 160 kW que la Mégane, et vous pouvez être sûrs que la version de production fera de même puisqu’elle sera construite sur une version adaptée de la même plate-forme CMF-EV.

En revanche, ce concept opte pour une architecture totalement différente. La batterie plus petite de 40 kWh libère de la place pour un réservoir d’hydrogène et une pile à combustible de 15 kW. Celle-ci fait alors office de prolongateur d’autonomie pour les longs trajets, les trajets quotidiens étant effectués sur la batterie comme une voiture électrique classique. Au final, l’autonomie totale serait d’environ 800 km pour un plein fait en cinq minutes.

Mais pourquoi l’hydrogène ? Et pourquoi un prolongateur d’autonomie ? Fondamentalement, Renault veut montrer qu’il réfléchit à la technologie qui pourrait émerger dans les dix ans et au-delà. Même si les voitures électriques à batterie restent le plan dans l’immédiat.

Côté durabilité, Renault affirme que 70 % des matériaux utilisés dans le Renault Scenic Vision Concept sont recyclés et 95 % peuvent encore l’être en fin de vie. Y compris la batterie. Les sièges sont entièrement fabriqués en polyester, vous pouvez donc les jeter directement dans le bac jaune. Sans la boucle de ceinture, bien sûr…

Et ça n’est pas tout ! La pile à combustible est fabriquée à partir d’anciens pots catalytiques, le pigment noir de la peinture est tiré de la fibre de carbone recyclée de l’industrie aéronautique. Au total, Renault estime que l’empreinte carbone représente le quart de celle laissée par une voiture électrique conventionnelle.

Ce qui est admirable, mais comme l’entreprise l’admet volontiers, ce n’est pour l’instant qu’une ambition pour la grande série. « Je ne vais pas vous mentir, l’équation économique n’est pas encore là », déclare Cléa Martinet, vice-présidente du développement durable du groupe Renault. « Mais nous jetons les bases pour que ce soit le cas dans un avenir proche. » L’entreprise vise l’utilisation de 25 % de matériaux recyclés dans la voiture de production d’ici 2024, pour atteindre 33 % en cinq ans.

Mais le problème reste l’approvisionnement en matières premières. Cléa Martinet explique que les prix de l’acier vert, de l’aluminium vert et la flambée des coûts du cobalt, du nickel et du lithium ont fait grimper les prix de production de  « 15 à 20% ».

Et avec pratiquement tous les constructeurs qui planifient (de gré ou de force…) un avenir électrique, la demande pour ces métaux ne fera qu’augmenter. « Il faut faire attention car il y a des matériaux qui se font de plus en plus rares. Le cuivre par exemple. Dans 13 ans, nous estimons que la terre n’aura plus de sources renouvelables de cuivre. Et c’est le composant principal d’un véhicule électrique. »

« Cela ne signifie pas que nous ne devrions pas passer à l’électrique, cela signifie que nous devrions y aller, mais d’une manière vraiment raisonnée et durable. »

Heureusement, on peut encore s’amuser au moins avec les concept-cars. Des portes suicide qui s’ouvrent d’une simple pression du doigt, des haut-parleurs intégrés aux l’appuie-tête qui créent une bulle sonore dans chaque siège, un volant façon Model S Plaid, des airbags cocon enveloppants, un habitacle avec une finition façon surface de CD (que les plus vieux expliquent au plus jeunes SVP…). Bref, tout ce qu’on aime aussi dans les concept-cars.

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