Une Bugatti « Atlantic » en approche à Genève

Un one-off pour la voiture la plus chère de l’histoire ?

La rédaction | Le 1 mars 2019 |

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Le compte Instagram de Bugatti a été mystérieusement actif ces derniers jours, multipliant les références en noir et blanc à la Type 57 Atlantic. Peut-être la voiture la plus désirable et potentiellement la plus chère de la planète.

De toute évidence, il se trame quelque chose à la veille du salon de Genève. Dans l’une des vidéos, Etienne Salomé, directeur du design, confie ceci : « Quand nous avons commencé à dessiner cette voiture, nous nous sommes vraiment demandé : ‘Si Jean était encore de ce monde, comment traduirait-il l’élégance intemporelle de sa propre Atlantic sur une Bugatti actuelle ?’ ».

Cette voiture ? Mais quelle voiture ? Quand ? Qui ? Remontons le flux Instagram là où tout a commencé. D’abord, on trouve un extrait du film Overdrive (2017). Un navet, mais un navet avec une Bugatti Type 57 Atlantic. À son volant dans la scène en question, Scott Eastwood (le fils de Clint) franchit un pont en train de s’effondrer (spoiler : il y arrive).

Dans la réalité, il n’y a sans doute pas eu autant d’action dans l’existence des Bugatti Atlantic. Mais pas loin. Seules quatre Type 57 Atlantic ont été construites, comme nous le rappelle la campagne de teasing de la marque. Le châssis 57473 avait été commandé par l’homme d’affaires parisien Jacques Holzschuh (l’auto fut détruite plus tard lorsqu’elle resta coincée sur un passage à niveau, c’est ballot). Le 57591 fut notamment la propriété initiale de l’avocat britannique Richard Pope avant d’atterrir dans le garage de Ralph Lauren. Le 57374 appartenait au baron Victor Rothschild et fait désormais partie de la fameuse collection Peter Mullin.

Et le quatrième ? C’est la mystérieuse « Voiture Noire », auto personnelle de Jean Bugatti, fils d’Ettore et concepteur, entre autres, de la 57 SC Atlantic. Le malheureux se tua à trente ans en août 1939 au volant d’une autre 57 SC, celle qui avait remporté les 24 Heures du Mans quelques mois auparavant, en tentant d’éviter un cycliste.

L’Atlantic est considérée comme son chef-d’œuvre, avec ses formes sublimes inspirées de l’aviation et sa construction faisant elle aussi appel à des techniques issues de l’aéronautique. Parmi les nombreuses versions et carrosseries de la Type 57, c’est le Graal de tout collectionneur. En cet âge d’or de la haute couture automobile, aucune des quatre Bugatti Atlantic n’était identique à l’autre, mais chacune représentait ce qui se faisait de mieux sur quatre roues avant-guerre.

Conduite par Jean Bugatti et certains pilotes de course de la marque, La Voiture Noire affiche le meilleur pedigree des quatre châssis. Ou plutôt afficherait, si quelqu’un savait où elle a disparu depuis le chaos de l’invasion allemande de 1940. Si un jour un Indiana Jones de l’automobile résout ce mystère, il aura tout intérêt à surveiller ses arrières : il se murmure que Ralph Lauren a refusé une offre à 100 millions de dollars pour son Atlantic…

Tous les indices semés par Bugatti mènent à une imminente réinterprétation de La Voiture Noire. Surtout connaissant le penchant du patron de la marque Stephan Winkelmann pour les autos superlatives produites en tout petits volumes (Lamborghini en a lancé plusieurs sous sa direction)… Tout porte donc à croire qu’une auto unique, inspirée de la 57 Atlantic et animée par le W16 de la Chiron, enflammera Internet la semaine prochaine. Si c’est bien le cas, elle a toutes les chances de devenir la voiture la plus chère de l’histoire.

Revenez vous rincer l’œil dans quelques jours…

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