BMW M240i

Un nouveau petit coupé BMW à 6 cylindres, derrière une calandre de taille normale : il y a des jours où l’on se dit que tout ne va pas si mal en ce bas monde.

Niels de Geyer | Le 1 février 2022 |

Note
globale

9
10

Modèle

Moteur

6 cyl. en ligne 3.0 turbo
374 ch
500 Nm

Conso

8,1 - 8,8 l/100 km
Rejets : n.c.

Performances

0 à 100 km/h : 4,3 s.
Vitesse maxi : 250 km/h

Poids

1 765 kg

Verdict

POUR : Une sportive à tout faire au tempérament bien trempé. Pourvu que ça dure !
CONTRE : 20 cm plus longue, 10 cm plus large et 200 kg plus lourde qu’une 135i Coupé il y a 10 ans.

Visuellement ou techniquement, la nouvelle Série 2 Coupé n’a en effet pas grand-chose à voir avec la replète Série 2 Gran Coupé, avatar 4 portes de la dernière Série 1 à roues avant motrices. Non, elle est basée sur une plate-forme de Série 4 raccourcie, donc de propulsion à moteur longitudinal. Comme le suggèrent ses ailes saillantes, elle est d’ailleurs aussi baraquée que sa grande sœur (1,84 m de large, 6 cm de plus que l’ancienne Série 2 Coupé). Les premières photos nous laissaient perplexes : le capot presque trop long (ou trop bas par rapport à la malle), le popotin de Holden, les triangles de billard sur le bouclier avant (spécifiques à cette version M240i et son 6 cylindres). De visu, c’est musclé à souhait, et ça mettrait presque un coup de vieux à la toute récente Série 4.

4,55 m de long (+ 10 cm), ça commence à faire, mais en 2021, c’est hélas suffisant pour qu’on puisse encore parler de “petit” coupé. Cela permet en outre de proposer un coffre de 390 l bien fichu, ainsi que des places arrière loin d’être indignes pour peu que l’on fasse moins de 1,75 m. Au premier rang, on est en terrain connu. À l’exception du combiné d’instrumentation numérique trop touffu, BMW sait décidément faire des planches de bord aussi élégantes qu’ergonomiques, sans céder à l’esbroufe du tout tactile comme ses compatriotes. Ici, on est de surcroît assis au ras du parquet, dans un magnifique siège sport qui vous cale les hanches sans venir vous entraver les coudes.

Dès les premiers kilomètres dans les faubourgs de Munich, on prend goût à la direction précise et très directe (à défaut d’être incroyablement diserte, mais ça devient rare), à la suspension pilotée conciliante (et optionnelle), au ronronnement velouté et à l’élasticité du 6 cylindres en ligne, servi par une boîte ZF8 onctueuse. Au quotidien, ce coupé fort de 374 ch et 500 nm est un vrai vélo (ceci est une métaphore, Madame Hidalgo).

Et quand vous en aurez soupé de la mobilité douce, il saura montrer les crocs. Malgré les 1765 kg de la M240i et même sans l’hybridation légère dont il profite sur les Série 3 et 4, ce moteur est formidable de puissance et de souplesse, et la boîte reste au diapason quand on force l’allure. Les palettes réagissent bien mais on les aurait voulues plus grandes et métalliques. Le mode Sport se révèle un excellent compromis sur la route, la cartographie devenant vraiment agressive au-delà. Quant au timbre du L6, il a beau être enrichi numériquement et la bande-son abuser des crépitements au lever de pied, on ne va certainement pas se plaindre de pouvoir profiter encore un peu d’un moteur si noble et si expressif à ce niveau de gamme.

On sent toutefois que BMW Motorsport en a gardé un peu sous le pied pour une inéluctable M2. Côté châssis, la transmission intégrale imposée se fait totalement oublier, n’intervenant qu’à la limite pour aider l’arrière et son différentiel piloté à finir de pivoter. Les tenants de la propulsion pure et dure devront se contenter des 4 cylindres des 220i (184 ch essence) et 220d (190 ch Diesel). Savoureuse sur petite route, parfaitement sereine sur l’Autobahn, la M240i est une BMW comme on les aime, de surcroît sans concurrence directe : un autre coupé 2+2 aussi compact, pratique et bien motorisé, cela n’existe pas, a fortiori à 59 900 € et même en y ajoutant un malus pouvant frôler les 15 000 €.

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