Cupra Ateca

S.U.V., Sport Utility Vehicle : en voilà au moins un qui ne joue pas sur les mots. La voiture la plus polyvalente du marché ?

Niels de Geyer | Le 26 avril 2019 |

Note
globale

8
10

Modèle

Cupra Ateca

À partir de 42 500 €

Moteur

4 cyl. turbo, 1 984 cm3, 300 ch, 400 Nm,
intégrale, boîte robotisée à 7 rapports

Conso

7,4 l/100km, 168 g/km de CO2

Performances

0 à 100 km/h en 5,2 s, 247 km/h

Poids

1 615 kg

Verdict

Une excellente réponse à une question que personne ne se posait. Et cette Leon, elle arrive ?

Ça alors, un SUV compact ! Ça faisait longtemps…

Oui, hein ? Cachez votre joie. Mais avouez que ce n’est pas tous les jours qu’on en voit débarquer un de 300 ch. C’est même une première chez un constructeur généraliste.

Justement, il ne manquerait pas un « Seat » quelque part ?

Absolument pas, malheureux. Ceci est une Cupra, de la marque Cupra. Les voies du marketing étant impénétrables, Seat a en effet décidé de transformer son label sportif bien connu en marque à part entière, comme Abarth chez Fiat. Et d’inaugurer ce nouveau blason caliente sur… un SUV, cela va de soi (et bientôt un deuxième, d’ailleurs). Le Cupra Ateca cohabite donc pour l’instant avec la Leon Cupra, qui attend l’imminente prochaine génération pour inverser l’ordre des mots. Ce sera plus clair dans quelques mois.

Reste qu’il s’agit évidemment bien d’un Seat Ateca sous testostérone. En passant sous pavillon Cupra, le SUV de Martorell se tapit 2 cm plus près du sol, muscle ses boucliers et bas de caisse, adopte un gros becquet de hayon, deux doubles sorties d’échappement et des jantes 19 pouces, cuivrées (en option à 895 €, on peut donc rester discret) comme le logo tribal générique que la marque a choisi pour emblème après avoir scrollé dix secondes sur Shutterstock.

Admettons. Ce nouveau blason est-il mérité, au moins ?

Certes, sans ce logo sur le moyeu du volant, les baquets optionnels (1 500 €), les coutures cuivrées et les inserts façon carbone (plus façon que carbone…), on aurait vite fait d’oublier une fois à bord que cet Ateca n’est pas une Seat. Si la dotation est copieuse (instrumentation numérique, chargeur à induction, caméra à 360°), la présentation reste tristounette.

Mais là ou ça compte, on ne peut pas reprocher à Cupra d’avoir fait dans la demi-mesure : l’Ateca, déjà l’un des SUV les plus dynamiques du segment lorsqu’il plafonne à 190 ch, a droit au même traitement que la Leon Cupra, toujours une compacte sportive de référence malgré son âge. Sous le capot, on retrouve ainsi une énième variante du fameux 2.0 essence turbo du groupe Volkswagen, qui met ici le curseur à 300 ch.

Les épanchements musicaux, très peu pour lui, même en mode Cupra. L’Ateca se contente d’un grondement sourd, tout juste évocateur. Pas envahissant ni caricatural, si on voit le verre à moitié plein. Et bombarder, il sait faire. Malgré les 1 615 kg de l’engin, on ne reste jamais sur sa faim en reprises. On a connu la DSG7 plus fulgurante sur la Leon mais en mode Sport ou Cupra, elle remplit très bien son office dans l’absolu, qu’elle soit laissée à elle-même ou commandée aux palettes (même si elle rechigne alors parfois à laisser complètement la main au conducteur). Par ailleurs, on peut espérer rester sous les 10 l/100 km dans la vraie vie sans trop dorloter l’Ateca.

Et quand ça tourne ?

Le Cupra Ateca tient son rang en toutes circonstances. Oui, l’inertie et les mouvements de caisse rappellent qu’on est bien dans un SUV. Mais une fois ce léger temps de retard intériorisé, c’est précis, équilibré, globalement très efficace et jamais inconfortable, même avec l’amortissement piloté en mode Cupra. En outre, les freins Brembo optionnels (2 100 €) ont admirablement résisté dans nos descentes pyrénéennes.

Joueur ? Quand même pas. Disons neutre, sauf bien sûr à lâcher l’Ateca sur le circuit neige du Pas de la Case, en Andorre, où le Trophée Andros a ses habitudes. Là, en pneus cloutés et une fois l’ESP réduit au silence, on peut s’amuser à volonté avec le train arrière, même si celui-ci ne reçoit jamais plus de 50 % du couple. Mais sur la route, c’est l’efficacité qui prime. Imaginez une Leon Cupra avec des poignées d’amour, un sac à dos et des réflexes émoussés.

Pour qui ?

C’est la question délicate. En lui-même, le Cupra Ateca est une réussite : les performances d’une (bonne) compacte sportive avec le sens pratique d’un (bon) SUV, peu de concessions dans un sens ou dans l’autre. Mais si l’on aime conduire, une Leon Cupra ST 4Drive offre plus de piquant à partir des mêmes ingrédients, pour moins cher et avec un coffre plus accueillant. Hors sujet ? Pas sûr.

SUV pour SUV, le Cupra Ateca est seul au monde, beaucoup plus abordable et (et certainement pas moins compétent) qu’un Jaguar E-Pace P300, en attendant le BMW X2 M35i. Son cousin le Volkswagen T-Roc R sera moins logeable et plus cher, à l’instar du récent Audi SQ2 dont il décalque la fiche technique.

Le cahier des charges est donc parfaitement rempli. Avec d’ailleurs tant de décontraction et d’homogénéité qu’on n’aurait rien contre un mode Cupra+, pour assaisonner de temps en temps ces manières policées.

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