Arrêtez tout : Singer a réimaginé une 911 Safari

Quand une 964 faute avec un buggy du Dakar, ça donne l'ACS, la 911 restomod de rallye selon Singer

La rédaction | Le 5 janvier 2021 |

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Qu’y a-t-il de mieux qu’une 911 revue et corrigée par le roi du restomod, le californien Singer ? Une 911 Singer de rallye-raid, évidemment.  Vous avez sous les yeux la réinterprétation de la 911 Safari par Singer, baptisée All-Terrain Competition Study (ACS). Et c’est quelque chose.

Développée à la demande d’un client de la première heure qui désirait une 911 refroidie par air qui puisse « courir hors piste et et démontrer des capacités d’exploration tout-terrain« , l’ACS est la première Singer conçue pour la compétition. Pour ce coup d’essai, Singer a donc fait appel à un spécialiste des 911 de course historique, le préparateur britannique Richard Tuthill, basé dans le sud-est de l’Angleterre.

En fait, ce mystérieux client en a commandé deux : la blanche ici à l’image, pour les rallyes à haute vitesse dans le désert, et une rouge pour les courses sur asphalte avec plus de grip. Il a d’ailleurs donné sa bénédiction pour que n’importe quel futur client Singer puisse reprendre à l’identique les caractéristiques de ces deux restomods. Quelqu’un de bien, donc.

Si vous contemplez ces photos en vous demandant pourquoi diable choisir une voiture de sport a) de collection et b) basse pour partir à l’assaut du désert, où tout se joue sur la garde au sol et la capacité à absorber les impacts, ne cherchez pas trop loin : le rallye est dans l’ADN de Porsche. La toute première participation d’une 911 en compétition remonte au rallye Monte Carlo 1965 (avec une cinquième place à la clé, puisque vous demandez). D’ailleurs, Porsche lui-même s’est amusé il y a quelques années à concocter une 991 Vision Safari… C’est peut-être pour ça qu’une 911 restomod sur de gros pneus paraît à ce point couler de source, si possible en livrée Rothmans comme les 953 et 959 victorieuses au Paris-Dakar dans les années 80. L’aileron arrière enveloppant de l’ACS est d’ailleurs un hommage à cette dernière.

La voiture donneuse est une 911 type 964 de 1990, le moteur un flat-6 3.6 biturbo refroidi par air développant environ 450 ch, voire plus en fonction des exigences de chaque événement.

On trouve aussi une transmission intégrale permanente, une boîte séquentielle à cinq rapports, un réservoir d’essence surdimensionné, deux roues de secours (une à l’avant, une à l’arrière, et pas des galettes…) ainsi qu’un arceau-cage aux normes FIA. Tout cela pesant son poids, la carrosserie est en fibre de carbone pour alléger l’ensemble autant que possible. À l’avant comme à l’arrière, le capot et les ailes s’ouvrent d’un seul tenant pour faciliter l’accès aux entrailles de la voiture, même loin de la civilisation.

La hauteur et les ailes XXL résultent de l’adoption d’une suspension spéciale à grand débattement, avec deux amortisseurs réglables à cinq voies sur chaque roue. Les jantes pleines 16 pouces en aluminium forgé abritent des disques acier pincés par des étriers à quatre pistons, et s’habillent de généreux boudins BF Goodrich. Le contraste entre ce soubassement spectaculaire et l’étroite cellule de 964 donne à l’ensemble des proportions superbement cartoonesques, soulignées comme toujours chez Singer par un souci maniaque du détail. Mention spéciale aux garde-boue mutants à l’avant, aux monogrammes Porsche qui s’étalent sur le capot moteur et les bas de caisse, et au bouclier arrière taillé dans une seule et même pièce d’alu.

L’intérieur parvient à être à la fois dépouillé à l’extrême et en même temps somptueux dans son exécution, autour de baquets homologués FIA, d’un système de navigation en face du copilote, d’une longue tige en carbone pour actionner le frein à main hydraulique et d’un système d’hydratation pour les deux occupants.

Les accents écarlates un peu partout donnent un côté fun à cet habitacle et soulignent les possibilités de personnalisation, tandis que chaque pièce, de la moindre molette au sublime volant (emprunté à l’autre licorne de Singer, la DLS), a été ciselée avec amour et attention. Même l’anneau de remorquage mériterait d’être encadré sur un mur.

Le prix ? Disons juste que si vous réfléchissez à en commander une, mieux vaut vous préparer à aligner sept chiffres sur le chèque… Puis à emmener cette voiture s’ébattre aux quatre coins de la planète comme elle le mérite. Pas sérieux s’abstenir.

Photos : Mark Riccioni

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