Top départ pour l’Apollo Intensa Emozione

Un V12 atmo, un châssis de LMP2, un pedigree de GT1

La rédaction | Le 17 avril 2019 |

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Ceci n’est pas un exercice : cette fois, l’Intensa Emozione est vraiment prête. La GT1 de route signée Apollo (ex-Gumpert), dont le nom résume joliment le cahier des charges, va entrer en production.

Oui, le coup de la « voiture de course pour la route » est peut-être le poncif le plus éculé de l’histoire de l’automobile. Mais là, c’est on ne peut plus approprié. Ces lignes acérées dissimulent en effet une fiche technique de proto. Pour engager l’IE aux 24 Heures du Mans, Apollo n’aurait guère qu’à enlever la clim et les clignotants.

Il faut dire qu’un certain nombre de bonnes fées en casque et bottines se sont penchées sur le berceau de la belle. HWA AG, filiale compétition de Mercedes-AMG, s’est ainsi chargée de la monocoque en fibre de carbone.

Selon Apollo, celle-ci est suffisamment rigide pour répondre aux normes de la catégorie FIA LMP2. Après, il y a le réservoir, bien protégé au fin fond de la structure, et les poignées de porte qui se désenclenchent si la voiture finit sur le toit. Pour un usage routier, ça paraît peut-être un peu too much, mais pour une session circuit, il n’y a pas mieux. Idem pour l’extincteur intégré, une première sur une voiture de route. D’habitude, on a juste droit à une bonbonne dans un coin du repose-pieds, en option. Pas à bord de l’Apollo.

Le châssis sera quant à lui fabriqué par Capricorn Group. Il s’agit de l’entreprise qui a conçu les tubes de carbone qui sous-tendaient la Porsche 919 Hybrid. Exactement, la voiture qui a gagné trois fois les 24 Heures du Mans puis, en version « libérée délivrée », a pulvérisé le record du tour absolu au Nürburgring et à Spa. Les Apollo seront construites dans l’usine-même où HWA AG avait assemblé les légendaires Mercedes CLK GTR. Ça va, ça suffira, comme pedigree ?

Les premiers clients prendront livraison de leur IE cet été. À quoi auront-ils droit, en échange de leur chèque de 2,5 millions d’euros ? Le clou du spectacle est un V12 6.3 atmosphérique développant 780 ch et 760 Nm, entraînant les roues arrière via une boîte séquentielle Hewland à six rapports à commandes électropneumatiques au volant. L’échappement ne pèse presque rien, coûte à lui seul le prix d’une BMW M4 et, quand le moteur flirte avec les 9 000 tr/min, sonne comme les trompettes de l’Apocalypse.

Les performances ne sont pas en reste : 0 à 100 km/h en 2,7 s, 335 km/h et des temps au tour potentiellement démentiels grâce à un appui aérodynamique pouvant atteindre 1 350 kg à 300 km/h (100 kg de plus que la masse de la voiture).

L’Apollo IE est née de l’imagination de Norman Choi, homme d’affaires hongkongais qui a décidé de construire sa propre auto après avoir constaté que les supercars turbo ou hybrides d’aujourd’hui se conduisaient toutes « comme des Honda ».

Une version 100% piste de l’IE sera à l’étude après la production des dix exemplaires sur mesure de l’IE. Apollo aurait tort de ne pas rentabiliser les gènes de pistarde de sa supercar… D’ici-là, espérons simplement que les heureux propriétaires de ces dix IE les conduiront comme elles le méritent, afin que « l’intensa emozione » ne se limite pas au moment de la signature du chèque.

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