Mercedes Classe S

La concurrence a déjà les genoux qui tremblent... la patronne est de retour.

Thomas Riaud | Le 8 octobre 2021 |

Note
globale

9
10

Modèle

Mercedes Classe S 350d

 

Moteur

6 cylindres turbo diesel common rail, 2925 cm3

286 ch

Boite : automatique à 9 rapports

Conso

7,4 l/100km
173 gCO2

Performances

0 à 100 km/h : 6,4 sec

Poids

Verdict

Les Plus
Confort royal !
Dotation incroyable
Agrément de conduite
Sobriété étonnante

Les moins
Freins manquants de mordant
Boîte un peu paresseuse
Encombrement en ville
Options chères et nombreuses
Que des diesels… pour l’instant

Quel est le point commun entre une Audi A8, une BMW Série 7 et, dans une moindre mesure, une Maserati Quattroporte et une Jaguar XJ ? Toutes sont des limousines, et toutes se sont cassées les dents sur la Mercedes Classe S, référence indéboulonnable du segment depuis plus de 40 ans.

Il est vrai qu’elle a presque tout inventé, comme l’ABS, l’ESP, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore les prétensionneurs de ceintures, des dispositifs alors innovants à leur sortie devenus désormais la norme sur beaucoup de voitures. Cette avance technologique, la Classe S l’a toujours cultivée avec bonheur, et outre une qualité de fabrication exceptionnelle, cela lui a « juste » permis de devenir la voiture de luxe la plus vendue au monde, et ce, sur tous les continents ! Cette insolente domination devrait perdurer quelques années encore, ou du moins, c’est ce que l’on se dit en découvrant dans le détail cette ultime mouture. Bon si le seul prestige se mesure en centimètres, sur ce point, on peut être pleinement rassuré, la Classe S « cru 2021 » n’en manquant pas ! Pas moins de 5m18 de long au minimum, la version limousine baptisée Maybach bénéficiant d’un empattement allongé au niveau des places arrière, lui permettant de s’étirer sur 5m29 ! Pourtant, malgré ce format qui n’appartient qu’aux grandes de ce monde, la nouvelle Classe fait paraît moins grosse, rançon d’un style qui s’est heureusement affiné, notamment au niveau des optiques, mais aussi sur les flancs, les poignées de porte devenant affleurantes… sauf lorsque l’on déverrouille la voiture.

Au moment de s’installer à bord, on peut légitimement hésiter entre se laisser choir sur la vaste banquette arrière, ou opter pour l’un des larges fauteuils avant, naturellement à réglages électriques (19 moteurs par siège !). Dans tous les cas, vous bénéficierez d’un confort royal, avec des sièges chauffants ou ventilés, mais aussi massants selon divers programmes offerts (jusqu’à 10 programmes proposés selon finition). Pour cela, il suffit de naviguer sur l’immense tablette tactile de 12,8 pouces placée verticalement au centre de la planche de bord, venant en complément de compteurs numériques à effet 3D et d’un affichage tête haute à réalité augmentée. Ce gros « Smartphone », inspiré sans nul doute par ce que propose l’américain Tesla, est véritablement le cerveau de la Classe S. Outre de nombreux menus qui permettent d’ajuster à peu près tout sur la voiture, il gère aussi l’infodivertissement et le GPS. Et vu qu’il renferme un système MBUX de seconde génération très évolué (avec mises à jour à distance), il peut aussi fonctionner grâce à la commande vocale en prononçant les mots magiques « Hey, Mercedes ! ». Et ça marche plutôt bien !

Au-delà des classiques fonctions permettant de changer de radio ou de régler la ventilation « à la voix », la voiture ne manque pas de conversation en faisant des réponses parfois surprenantes. Sans trop y croire, je lui ai ainsi demandé ce qu’elle pensait d’Audi et elle m’a répondu « J’ai la même opinion que vous, sinon vous ne seriez pas ici » ! Etonnant… et amusant ! Rassurez-vous, du répondant, elle en a aussi sous le capot, et ce, sur tous les moteurs proposés. Y compris en « entrée de gamme », comme notre modèle d’essai 350d (à partir de 100 600 € en Executive), qui reçoit un V6 2.9 turbo de 286 ch (un 400d biturbo de 330 ch et 4 roues motrices est aussi proposé). Ah oui, j’oubliais, il s’agit de « vulgaires diesels », une technologie soi-disant « dépassée » qui permet, mine de rien, de faire pâlir d’envie n’importe quel modèle électrique, puisqu’on peut parcourir d’une traite 800 km avec un plein en roulant bien (conso moyenne de 7,4 l/100 km), et ravitailler en 5 minutes. Curieusement, c’est tellement probant que 80% de la clientèle plébiscite ce type de motorisation sur la Classe S, signe que le diesel a encore son mot à dire ! En attendant une version hybride rechargeable S580e, et une probable sportive AMG, notre Classe S doit pour l’heure se contenter de ces mazouts.

Rassurez-vous, conduire une « petite » 350d n’a rien d’une punition, au contraire ! Accouplé à une boîte automatique à 9 rapports d’une douceur exemplaire, ce bloc plein de couple dès les plus bas-régimes (600 Nm à 1200 tr/mn) permet d’emmener promptement ce lourd vaisseau de plus de 2 tonnes en 6,4 secondes sur l’exercice du 0 à 100 km/h. Le tout dans un niveau de confort assez unique je dois dire, l’insonorisation étant de très haut niveau, mais aussi l’amortissement, exceptionnel en lissant véritablement toutes les aspérités du sol. Un « miracle » que l’on doit à la suspension pneumatique, d’une douceur inégalée ! D’ailleurs, malgré ce gabarit XXL, ce pullman se laisse facilement conduire du bout des doigts, signe de la précision de sa direction, mais aussi d’une relative agilité, les roues arrières directrices jouant pleinement leur rôle, y compris en manœuvre (diamètre de braquage de 10,2 m). Avec cette ultime génération bardée de technologie high-tech, Mercedes enfonce encore un peu plus le clou en affirmant sa supériorité technologique sur ce segment où seule l’excellence à sa place. L’excellence et la Classe S…

Articles associés

Plus d'articles