Alerte : Ferrari hybride en vue

La deuxième supercar hybride de Maranello verra le jour d'ici cet été

La rédaction | Le 13 mars 2019 |

Ferrari F8 Tributo

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Cette année s’annonce particulièrement chargée chez Ferrari. La direction a en effet confirmé qu’une supercar hybride serait présentée « d’ici deux à trois mois ». Ce sera l’une des cinq nouveautés attendues en 2019, avec en toile de fond le développement de motorisations hybrides devenues incontournables pour que les chiffres de puissance puissent continuer à grimper sans que ceux des émissions de CO2 s’en ressentent trop.

La première de ces cinq voitures est la F8 Tributo que l’on vient de découvrir au salon de Genève. Il s’agit d’une mise à jour de la 488 autour du V8 biturbo de 720 ch de la Pista. Et comme la 488 était elle-même une 458 downsizée, la F8 pourrait bien marquer la fin d’une ère. Et le crépuscule du moteur 100 % thermique à Maranello ?

« Nous arrivons aux limites en matière de performance, reconnaît Michael Leiters, le directeur technique. « L’un des objectifs primordiaux de Ferrari est d’améliorer sans cesse la puissance spécifique [720 ch pour 3,9 l sur la F8, contre 670 ch à cylindrée identique sur la 488, NDLR], tout en conservant la réponse instantanée d’un moteur atmosphérique. »

Chez Ferrari encore plus qu’ailleurs, le turbo lag, c’est le Mal. Michael et son équipe ont donc posé une limite au délai qu’ils sont prêts à consentir pour que les turbos se réveillent.

« Nous avons notre routine pour mesurer le temps de réponse, explique Leiters. En troisième à 2 000 tr/min, pleine charge, on chronomètre le délai nécessaire pour atteindre 80 ou 90 % du couple maximum. Si cela prend plus d’une seconde, ce n’est pas la peine. Et comme nous sommes désormais à la limite, il va falloir songer à électrifier ce moteur pour continuer à gagner des chevaux à l’avenir ».

Aux yeux de Ferrari, ce projet n’a de sens que si la tendance au downsizing se poursuit.

« Si vous voulez maximiser les bénéfices d’un moteur hybride, le downsizing s’impose. Sur un V12 atmosphérique, par exemple, ce ne serait pas logique. Bien sûr, nous nous battrons pour sauvegarder le V12, qui reste au cœur de notre identité de marque. Mais une hybridation du V12 ? Je n’y crois pas. Sur la LaFerrari, c’était uniquement pour la performance. Dans le futur, nous devrons nous préoccuper davantage des émissions [la F8 est la première Ferrari homologuée d’emblée en WLTP, NDLR] et si vous voulez réellement en tirer profit de ce point de vue, il faut downsizer. »

Cela augure l’arrivée de V6 et de V8 hybrides parmi les 15 nouveautés Ferrari prévues au fil des cinq prochaines années, jusqu’au lancement du premier SUV de la marque en 2022. Autant dire que les puristes – ceux qui peinent encore à se remettre du retour de la suralimentation sur la 488, par exemple – n’ont pas fini de grincer des dents.

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