La Hyundai Vision FK est une sportive à hydrogène de 680 ch

Hyundai continue de plancher sur les applications de la pile à combustible. Ce proto développé avec Rimac passe de 0 à 100 km/h en moins de 4 s

Paul HORRELL | Le 10 septembre 2021 |

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Le groupe Hyundai a présenté la prochaine phase de sa stratégie en matière de pile à combustible. En tête d’affiche, il a notamment montré un prototype de voiture de sport dont la batterie et l’électronique viennent de chez Rimac.

Cette Vision FK développe environ 680 ch et passe de 0 à 100 km/h en moins de 4 s. Elle annonce une autonomie de plus de 500 km. L’ensemble pile à combustible/réservoir d’hydrogène est plus léger qu’une grosse batterie, mais il doit néanmoins être associé à une batterie pour faire tampon lors des accélérations à pleine charge.

Albert Biermann, directeur de la R&D du groupe Hyundai, explique que les batteries des Hyundai électriques actuelles sont conçues pour privilégier l’autonomie à la puissance instantanée. Il s’est donc tourné vers Rimac (dont Hyundai possède 12 %) pour cette partie, ainsi que pour l’électronique.

La batterie peut être branchée pour récupérer de l’autonomie même en l’absence de station hydrogène. La voiture est camouflée pour le moment, mais elle a des airs de Kia Stinger bodybuildée.

Biermann est bien sûr resté très évasif au moment d’évoquer une production en série. « C’est surdimensionné technologiquement, mais c’est un défi passionnant, dit-il. Il s’agit d’un laboratoire roulant qui nous permet de mettre à l’épreuve nos ingénieurs, et de continuer à faire progresser nos technologies. Le packaging de ce véhicule, une combinaison de batterie haute puissance et de pile à combustible, est particulièrement exigeant. Et notre plate-forme électrique maison E-GMP ne convient pas. »

Ce qui n’empêche pas le groupe (qui inclut Hyundai, Kia mais aussi Genesis) de « plancher sur ce projet pour des voitures de sport », reconnaît Albert Biermann. « Nous réfléchissons même à nous engager en compétition avec des piles à combustible. »

Quelle est l’ampleur de l’engagement du groupe dans l’hydrogène ? Colossal. Dans le cadre de ce plan baptisé Hydrogen Vision 2040, il construit déjà des usines qui seront capables de produire 700 000 piles à combustibles à hydrogène par an en 2030. Non seulement pour des voitures, mais aussi pour des camions, des bus (Hyundai en compte déjà des milliers en service), des bateaux et des groupes électrogènes.

Selon le responsable du département pile à combustible, Saehoon Kim, le prix de ces voitures devrait converger avec celui des électriques à batterie à l’horizon 2030, et ce en tenant compte de la probable baisse du prix des batteries. L’homme sait de quoi il parle puisque son entreprise fait partie des leaders dans ces deux technologies.

Il a dévoilé le nouveau système de pile à combustible modulaire en deux versions, une de 136 ch et une de 272 ch. Ces unités peuvent être combinées en grand nombre pour les véhicules lourds. Tout cela pour un prix 50 fois inférieur à l’équivalent de 2003, qui sera encore amené à diminuer considérablement quand on arrivera à les produire à grande échelle. La durabilité sera aussi nettement en hausse (il parle d’un million de kilomètres pour un camion).

Les poids lourds sont une application toute trouvée pour la pile à combustible car ils ont besoin d’une charge utile élevée. Or celle-ci est considérablement réduite par le poids d’une énorme batterie. Il leur faut aussi ne pas s’arrêter trop souvent pour faire le plein, et ne pas passer trop de temps à la pompe quand c’est le cas. Des stations hydrogène auraient donc tout leur sens au seins de dépôts de poids lourds, tandis que des camionnettes à batterie restent sans doute plus adaptées à la livraison sur les derniers kilomètres.

Le PDG du groupe Hyundai Euisun Chung souligne d’ailleurs que ces deux technologies n’entrent pas vraiment en concurrence. « L’hydrogène réduit les contraintes de l’électricité renouvelable : le stockage et l’intermittence. Aucune entreprise ou gouvernement ne peut opérer cette transition seul, mais nous ne pouvions pas rester en retrait. »

 

 

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