La Mercedes-AMG One ne courra pas au Mans

Et elle ne s’attaquera pas non plus au record de vitesse de Bugatti, selon le patron d’AMG

Stephen DOBIE • Niels de GEYER | Le 11 septembre 2019 |

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La Mercedes-AMG One est presque là. Oui, elle a pris du retard, mais on peut bien admettre quelques impondérables quand il s’agit de loger un moteur de Formule 1 dans une voiture de route. Elle est désormais annoncée pour le premier trimestre 2021. Juste à temps pour les premières 24 Heures du Mans disputées sous la réglementation hypercars… sauf qu’il ne faut pas s’attendre à voir l’AMG One au départ dans la Sarthe.

« J’ai hâte de voir comment ça va se passer, nous dit le patron d’AMG Tobias Moers à propos de la nouvelle mouture du championnat du monde d’endurance. Je sais que la Valkyrie y sera. Je sais que des clients nous ont demandé si nous y engagerions la Project One, mais je me demande surtout comment faire rouler des voitures aussi chères dans le cadre d’une balance of performance [BoP pour les intimes, qui consiste à lester les voitures en fonction de leur niveau de performance présumé pour resserrer le peloton et améliorer le spectacle, NDLR]. Je ne suis pas certain que ce soit la bonne approche. »

« D’un côté cela me fait tiquer, de l’autre je suis extrêmement enthousiaste à l’idée de voir toutes ces voitures se mesurer entre elles. C’est une perspective formidable. Mais investir tant d’argent pour des courses sous un régime de BoP ? J’ai encore du mal à l’accepter. »

Il n’est pas plus chaud à l’idée de partir à la conquête des 500 km/h pour effacer Bugatti des tablettes. « Les records de vitesse ne m’intéressent pas. Rouler à 350, 400 km/h, cela me va très bien, et pourquoi pas signer un temps sur le Nürburgring. L’expérience d’un moteur de Formule 1 sous le pied droit importe infiniment plus que la vitesse de pointe. »

Pour revenir à des considérations plus terre à terre, qu’est-ce qui a retardé à ce point le développement de la One ? « Nous sommes parfaitement transparents vis-à-vis de nos clients, dit Tobias Moers. Il nous a fallu beaucoup de temps pour que le moteur respecte les normes d’émissions, et aussi pour garder le bruit sous contrôle, à bord comme à l’extérieur. Là aussi, il y a de nouvelles réglementations à respecter. »

« Mais nous ne cherchons pas d’excuse. Nous nous contentons de suivre notre feuille de route ; peut-être avons-nous juste sous-estimé la longueur du trajet. Il a fallu du temps pour régler certaines choses. »

« Ce moteur a été conçu à l’origine pour les hauts régimes et un fonctionnement à pleine charge – entre 14 et 15 000 tr/min. À 1 200 tr/min, il n’y a plus de flux d’air, rien. Nous avons eu des problèmes. Mais le moteur définitif est finalisé, et il tourne actuellement dans une voiture au banc. »

Plus qu’une grosse année à attendre pour voir le résultat, et le confronter à l’Aston Martin Valkyrie.

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