Les Renault Turbo en force à Rétromobile

La crème des Renault turbocompressées est actuellement exposée porte de Versailles. Visite guidée du stand au Losange.

La rédaction | Le 7 février 2019 |

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Bienvenue dans une époque bénie où le moteur atmosphérique était la norme et la suralimentation l’exception. Où le mot « turbo » était synonyme de coup de pied aux fesses et de vitesse supraluminique.

RS10

Même si la marque a commencé à faire tout un plat de la suralimentation à la fin des année 70, Louis Renault avait déjà breveté le moteur à compresseur en décembre 1902. Et le moteur à turbocompresseur n’est qu’un petit cousin de celui-ci, utilisant les gaz d’échappement plutôt qu’une courroie reliée au moteur pour suralimenter ce dernier en air.

C’est donc à Monsieur Renault que l’on doit le moteur suralimenté. Et à son entreprise que l’on doit la toute première F1 turbocompressée, la RS01 de 1977. Une machine absolument redoutable pendant les 20 secondes où elle fonctionne, avant que son V6 n’explose dans le panache de fumée blanche qui lui valut son surnom de théière jaune.

Mais à force de travail, Renault fiabilise ses moteurs et en l’espace de quelques années, toute la concurrence se convertit à la turbocompression. En 1979 , Renault remporte son premier Grand Prix avec cette voiture, la RS10, aux mains de Jean-Pierre Jabouille. Animée par un V6 1.5 biturbo tournant à 12 000 tr/min, elle s’impose à Dijon-Prenois. Mais tout le monde avait les yeux rivés sur le duel pour la deuxième place, opposant la deuxième Renault de René Arnoux à la Ferrari de Gilles Villeneuve dans ce qui est souvent considéré comme la plus belle passe d’armes de l’histoire de la F1.

 

R18 Turbo

Avec son turbo Garrett en amont du carbu (et probablement deux enfants surexcités à l’arrière), la R18 Turbo atteignait 185 km/h. Ah, les années 80.

 

R5 Turbo

La Renault 5 Turbo, c’est un inventaire à la Prévert : style signé Bertone, propulsion, boîte manuelle à cinq rapports, moteur turbo (pour la puissance, pas pour la conso), et la mission d’aller affronter en compétition les monstres sacrés de chez Lancia.

Les affronter et les vaincre, puisqu’avec Jean Ragnotti au volant, la R5 remporte le Monte Carlo 1981 face aux Lancia Stratos, Fiat 131 Abarth, Ford Escort RS, Audi Quattro, Porsche 911, Opel Ascona et Talbot-Sunbeam. Pfiou.

 

R5 Alpine Turbo

C’est là que les choses se compliquent. On l’a vu, la R5 Turbo est une propulsion à moteur central arrière, vaguement basée sur la R5 de série. La R5 Alpine Turbo, elle, reste une traction avec un moteur avant. Et un turbo, forcément. Notez qu’elle s’appelait Gordini de l’autre côté de la Manche (et que ça lui allait mieux qu’à une Twingo Diesel).

 

Fuego Turbo

Le vigoureux 1.6 de la R18 Turbo, sous la carrosserie la plus Eighties qu’on puisse imaginer derrière la DeLorean DMC-12. Mais oui, déjà à l’époque, il fallait assumer.

 

R11 Turbo

On l’a un peu oubliée dans l’ombre des GTI de chez Volkswagen et Peugeot (et de sa petite sœur la R5 GT Turbo, voir ci-dessous), mais Renault avait lui aussi une excellente compacte sportive à son catalogue à la fin des années 80. 1.4, 105 puis 115 ch, le 0 à 100 km/h sous les 9 secondes, le 1 000 m sous les 30. Alors, ça rigole moins, hein ?

 

Supercinq GT Turbo

La remplaçante de la R5 Alpine Turbo. Le même 1.4 115 ch (puis 120 ch) que la Renault 11, avec 80 kg de moins et quatre freins à disque. Du brutal, et une belle opposition de styles avec la Peugeot 205 GTI atmosphérique d’en face.

 

R21 2L Turbo

La fin des années 80 fut un âge d’or des familiales sportives, et Renault n’avait pas l’intention de laisser Mercedes, BMW et Ford se partager le magot. Avec son 2.0 de 175 ch et ses 228 km/h, la R21 2.0 Turbo se permet même de mettre en boîte la maréchaussée teutonne sur l’Autobahn (« Vreinache APS pien zur ! »). Et Jean Ragnotti, encore lui, domine les BMW M3 en championnat de France de Superproduction avec une version 430 ch 4×4.

 

Safrane Biturbo

Avouez, vous l’aviez oubliée. Il faut dire que la Safrane Biturbo est un oiseau rare. V6 3.0 PRV issu de l’Alpine A610 et préparé à 268 ch par Hartge via la greffe de deux petits turbos KKK, transmission intégrale, boîte manuelle, suspension pneumatique pilotée, équipement haut de gamme : au milieu des années 90, le summum de la routière à la française. C’était quand même autre chose qu’une Talisman 1.6…

Alors, laquelle vous prenez ?

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