Tom Kristensen s’est fait sa propre 911 restomod, et elle est parfaite

Le nonuple vainqueur des 24 Heures du Mans a une Porsche 911 rétro tout carbone à son nom. Et il nous a fait faire le tour du propriétaire

Ollie Kew | Le 4 février 2022 |

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Oui, c’est ENCORE une 911 restomod. Au rythme où ça va, toutes les 911 des années 80 seront bientôt refaites en 911 des années 60 avec des entrailles modernes.

Celle-ci est toutefois un peu spéciale. Déjà, c’est la première Kalmar Automotive 7-97. Ça ne vous parle peut-être pas encore, mais cela signifie qu’elle a été créée par l’une des plus grandes légendes vivantes du sport automobile : môssieur Tom Kristensen, neuf fois vainqueur des 24 Heures du Mans. Voici comment le Danois aime ses 911.

Kristensen est actionnaire à 40 % de Kalmar Automotive, entreprise fondée par son compatriote Jan Kalmar, homme d’affaires passionné de rallye. Kalmar avait déjà préparé plusieurs anciennes 911 pour cette discipline. Cette fois, Kristensen et lui ont voulu en « réimaginer » une pour la route. Apparemment, leur brainstorming via WhatsApp en serait à « plusieurs milliers de messages »…

Cette 911 est née 964, mais Kalmar l’a complètement revisitée. Il n’y a d’ailleurs plus aucun badge Porsche sur la voiture : à la place, on trouve des écus Kalmar argentés (qu’ils réfléchissent à dorer).

Oui, normalement elle a des pneus plus larges, ne vous inquiétez pas. Autour de somptueuses jantes Fuchs. Mais comme c’est en Laponie finlandaise que nous avons rencontré Tom et Jan, dans l’école de pilotage sur glace de Kalmar, elle reposait sur des gommes cloutées aussi ridiculement menues qu’incroyablement efficaces. Ceux de votre 7-97 à vous ne ressembleront pas à ça. Sauf si vous en faites la demande expresse.

Oui, j’ai dit « votre ». Vous pouvez en effet acheter une de ces 7-97, baptisées d’après la première victoire au Mans de Tom Kristensen : sur le proto TWR Joest Porsche n°7, en 1997. La voiture de Tom n’est pas juste un projet perso, c’est un prototype.

Sous cette carrosserie tout en fibre de carbone inspirée de la 911 R de 1967 et de la 911 ST de 1971, il y a quelques secrets maison. Jan Kalmar explique qu’ils utilisent cette voiture pour tester une suspension adaptative (on peut imaginer des modes confort et sport accessibles en appuyant sur un bouton plutôt qu’en donnant un coup de clef à molette) et une assistance de direction électrique qui n’intervient qu’à basse vitesse pour préserver un ressenti parfaitement pur le reste du temps.

Pourquoi s’embêter avec ce genre de broutille ? « Parce que je veux que mes enfants puissent profiter de cette voiture, mais ma fille m’a dit qu’elle était un peu dure à garer », explique Tom.

Attardons-nous sur quelques détails. Notre préféré ? Le drapeau danois en guise de zone rouge sur le compte-tours pour le flat 6 3.8 atmosphérique de 313 ch. Refroidi par air, vous pensez bien. On trouve aussi la signature de Tom sur le tachymètre.

En parlant du moteur, le voici. Magnifiquement présenté, avec une mention spéciale aux bras usinés qui tiennent le capot. Évidés pour réduire leur masse, ils semblent tout droit sortis du tiroir à couverts de Tony Stark.

Le capot moteur inclut d’ailleurs son propre easter egg : motorisé électriquement, il peut se positionner à l’horizontale en appuyant sur un bouton. C’est moins pour l’appui ou le refroidissement que pour rendre hommage aux 911 type 964 et 993, dont la grille de capot se relevait à partir de 80 km/h.

Les freins viennent de chez Porsche : 993 Turbo à l’avant, 964 Turbo à l’arrière. La peinture, elle, est inspirée du superbe gris Nardo de chez Audi. Aucun porschiste n’en voudra à Tom, qui a remporté sept de ses neuf victoires au Mans avec la marque aux anneaux.

Evidemment, elle n’est pas donnée. Comptez environ 400 000 €, et sans la 911 donneuse. Kalmar souligne toutefois que vous ne payez rien avant que la voiture soit terminée.

Cette 7-97 rejoindra un garage éclectique : Tom Kristensen possède notamment une R18 TDI e-tron (oui, sa LMP1), et une Bentley des années 1920. Au quotidien, il roule en Audi RSQ8 et, à l’opposé sur le spectre des dragsters d’Ingolstadt, une RS e-tron GT électrique.

Mais pourquoi pas une Singer ? « Pour plusieurs raisons, explique Tom. « Le prix, le délai de livraison, et puis il y a certaines choses que je voulais faire différemment. J’ai rencontré Jan et nous avons décidé de construire seulement deux voitures. C’est comme ça que tout a commencé… C’est de la haute couture. »

Photos : Johnny Fleetwood

 

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