De Tomaso est de retour : voici la P72

Prends garde Pagani, on dirait bien que quelqu’un vient marcher sur tes plates-bandes

Valentin Langard | Le 5 juillet 2019 |

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En cette année 2019, De Tomaso fête ses 60 ans. La marque italienne a connu des hauts et des bas. Surtout des bas, en fait, à tel point qu’on ne pensait pas la voir remonter la pente un jour. Mais c’est chose faite. Et quel meilleur moyen de célébrer ses 60 ans qu’un chef-d’œuvre de fibre de carbone sculptée ?

Elle s’appelle P72, et on la doit à la même équipe que celle qui a conçu l’Apollo Intensa Emozione. Vous ne vous en souvenez pas ? Mais si ! Une supercar inspirée des GT1, animée par un V12 et en ce moment construite en Allemagne pour 10 collectionneurs très chanceux et très riches. Norman Choi – homme d’affaires hongkongais qui a imaginé le projet Apollo – est président de De Tomaso depuis 2014.

Il a un faible pour les hypercars au look démentiel, vous l’aurez deviné. Mais on est tout de même sur des philosophies très différentes. L’Apollo est agressive, du genre Batmobile. Elle est tellement taillée à la serpe que vous pourriez vous raser sur la carrosserie. La P72 est dans l’hommage. Une ode à l’âge d’or de la course automobile, et aux magnifiques voitures de sport qui en découlaient. Elle s’inspire des sport-protos des années 60 ainsi que des premières De Tomaso.

Magnifique, n’est-ce pas ? On peut y déceler de multiples références : Ferrari P3/4, Alfa 8C, peut-être un peu de Lister… Mais ne bavez pas trop longtemps sur la carrosserie, et jetez un coup d’œil à l’intérieur. Pour un habitacle d’une telle opulence dans le monde des supercars, il faut aller chercher du côté de Pagani, ou Spyker. On se croirait chez un bijoutier. Sauf que les bijoutiers n’ont pas de pommeau de levier de vitesse en cuivre poli avec un mécanisme ouvert et apparent.

Sous tout cet art se cache une bonne dose de science. La De Tomaso P72 – seulement 72 seront construites – a été conçue autour d’une structure monocoque en fibre de carbone. A l’avant comme à l’arrière, les structures déformables en cas de crash sont en carbone également. Les bras de suspension ? Eux aussi. Le châssis, nous dit-on, est homologué FIA pour courir en LMP – comme celui de l’Apollo. Et De Tomaso a un certain passé dans le sport automobile… La P72 en classe hypercar au Mans en 2021, ça sonnerait bien, non ?

Le moteur est en position centrale arrière, mais De Tomaso n’a pas révélé de détails techniques pour le moment. Recevra-t-elle un bon gros V8 Ford pour renouer avec les racines de la marque ? Un beau V12 atmosphérique à l’italienne comme sa cousine l’Apollo IE ? On verra. D’après les photos, il sera manifestement associé à une boîte à commande séquentielle et tringlerie apparente.

C’est dans le cadre du Festival of Speed de Goodwood que la De Tomaso P72 vient d’être révélée (encore une ?). Si vous y passez, vous pouvez mettre votre nom sur la liste. De Tomaso ne vous prendra qu’un petit acompte. Le produit final devrait coûter aux alentours de 750 000 €.

Pour une supercar aussi exclusive, c’est plutôt bon marché. C’est moins qu’une McLaren Senna ou Porsche 918, par exemple, bien plus « communes » (si c’est possible). Mais là encore, si la P72 n’embarque « qu’un » moteur old-school sur son châssis typé course, elle ne devrait pas coûter plus cher à produire qu’une Playstation neuve.

La technologie peut bien attendre. Les supercars sont conçues pour nous faire rêver et dévisser des têtes dans la rue. Cette De Tomaso P72 semble répondre au cahier des charges et ferait un poster parfait dans une chambre. Regardez à nouveau cet intérieur…

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