Keanu Reeves aime conduire (et nous aimons Keanu Reeves)

Pour la sortie de John Wick Parabellum, on parle voitures avec Keanu Reeves

Vijay PATTNI • Valentin LANGARD | Le 16 mai 2019 |

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Imaginez la scène. Il est tard. Un parrain de la pègre est au téléphone avec son fidèle mécanicien : « J’ai cru comprendre que vous aviez frappé mon fils », dit-il. « Oui monsieur, je l’ai fait », lui répond-on au bout du fil. « Et je peux savoir pourquoi ? », demande le mafieux.

« C’est que… il a volé la voiture de John Wick, Monsieur… »

Ceci, mesdames et messieurs, est la première pierre d’une des trilogies les plus badass du cinéma. John Wick arrive. Sa chère Mustang Mach 1 de 1969 a été volée, son chien assassiné, et il n’est pas content du tout.

Keanu Reeves est John Wick, de retour pour le troisième volet d’une saga qui impressionne par sa mise en scène et nous tient en haleine depuis 2014. A l’occasion de la sortie en salles de John Wick Parabellum, une rencontre avec Reeves et le réalisateur Chad Stahelski s’imposait pour répondre à une question… Reeves est-il passionné d’automobile dans la vie réelle ?

« Je sais apprécier une belle voiture », nous dit-il. Stahelski aussi souhaite faire ses preuves : « Je n’ai pas de Mustang 69 [comme John Wick], mais je les aime beaucoup, comme tout ce qui date de l’ère Steve McQueen. C’est d’ailleurs un peu pour ça qu’on a eu l’idée d’utiliser cette voiture [pour le 1er film].»

En effet, Reeves nous confie que plus jeune, devenir pilote de course était un rêve. Une anecdote au volant ? « Oh mon Dieu, c’est tellement marrant de conduire. J’adore ça. J’ai eu la dernière des Porsche refroidies par air [une 911 Carrera 4S (993)]. Conduire cette voiture à Los Angeles, sur Mulholland Highway, aller jusqu’à la côte en passant par les monts Santa Monica… C’était de très bons moments, surtout de nuit, avec de la musique et un ami », raconte-t-il, avant d’ajouter en souriant : « On la testait juste un peu ».

La tester, il a dû le faire, et pas qu’un peu. Il ne nous a pas échappé que Keanu Reeves avait intégré la Porsche Driving Experience il y a longtemps de ça, ni qu’il avait remporté une course de célébrités en Californie en 2009. Par la suite il rachètera d’ailleurs une 911, plus récente, et la customisera avec beaucoup de sobriété (une simple finition noir anodisé à l’intérieur, et un repère sur le volant façon rallye).

Même si beaucoup de son argent est parti chez Porsche – sans mentionner son amour pour les deux-roues – il a aussi un petit faible pour une certaine marque italienne basée à Maranello. Quand on lui demande sa favorite, il se redresse et prend une longue inspiration.

« Quand j’étais petit il y avait des jouets : Matchbox. Je me souviens d’une Ferrari – vous saurez sûrement mieux que moi – c’était la Berlinetta Boxer je crois ? Je ne sais plus de quelle année, mais dans mon enfance, j’aurais pris celle-ci ». Il parle bien sûr de la sublime 512 BB.

En 2015, Keanu Reeves s’est offert une petite visite au QG de Ferrari : lignes d’assemblage, département Tailor Made… Il a aussi pu s’asseoir dans une 488 GTB pour quelques tours du circuit de Fiorano. « C’est une voiture avec laquelle on se sent immédiatement en synergie », avait-il déclaré. « Comme si elle avait été conçue pour vous, autour de vous : une extension du corps et de l’esprit ». La 488 est aussi diablement rapide, mais on imagine que ça ne lui a pas échappé.

Il aime également tout ce qui est rétro. A Maranello, il est tombé amoureux de la 500 Mondial et d’une monoplace unique construite dans les années 50 pour l’Indy 500 : « On ressent vraiment les valeurs du passé qu’elles transmettent ».

Reeves a découvert les joies de l’automobile avec quelque chose d’un peu moins prestigieux. Sa première voiture : une Volvo 122 de 1969 peinte en British Racing Green. « Elle était bien », nous dit-il. Stahelski a commencé fort lui aussi, avec une vieille Camaro et « des dés de fourrure au rétroviseur ». Avec son expérience de cascadeur, il a conduit à peu près tout et n’importe quoi depuis. « La première fois que je me suis assis dans une Aston Martin, je me suis dit que c’était quand même assez cool ».

On a eu la même réflexion en voyant l’infernale course-poursuite à moto de John Wick 3. « Un combat à l’épée », nous corrige Keanu. Ah oui. Des ninjas. Avec des épées. Sur des motos. C’est aussi dingue que vous pourriez l’imaginer.

« On a découvert le concept dans un film coréen appelé The Villainess », explique Stahelski. « Ils ne l’ont pas fait exactement comme nous, mais on a vraiment bien aimé, c’était du génie. On est de grands fans de cinéma asiatique donc on s’est dit pourquoi pas essayer ça ? »

Il rajoute : « De la même manière, on a aussi souhaité faire référence et rendre hommage à Sergio Leone, à Lawrence d’Arabie, à Akira Kurosawa… On ne savait pas si on réussirait à faire une véritable chorégraphie sur des motos. On a pris les meilleurs motards, les meilleurs combattants et on les a mélangés en quelque sorte, c’était marrant ».

On se demande en combien de temps cette scène a été tournée. Keanu Reeves intervient : « Ça ne se compte pas en prises, mais en jours ». A l’image, ça valait clairement le coup.

C’est ainsi que s’achève ce moment en si bonne compagnie. On se dit au revoir, et en partant, on entend Reeves murmurer : « J’ai conduit une Bugatti Veyron une fois… ».

Eh oui, l’assassin John Wick a déjà conduit l’une des voitures les plus rapides du monde… Ne la lui volez pas.

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