Cette 720S spéciale célèbre la victoire de McLaren aux 24 Heures du Mans

La McLaren 720S Le Mans reçoit une entrée d'air sur le toit et des jantes rétro pour rendre hommage à la course épique des F1 GTR en 1995

La rédaction | Le 19 juin 2020 |

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Oui, encore une McLaren en édition limitée. Mais attendez un peu : celle-là, elle va vous plaire, promis. Il s’agit de la McLaren 720S Le Mans.

Ça peut paraître bizarre étant donné le report de l’édition 2020 (qui aura lieu les 19 et 20 septembre au lieu des 13 et 14 juin) à cause du coronavirus. Et le fait que McLaren n’avait de toute façon pas prévu de s’y engager. Quelle mouche a donc piqué la marque de coller des plaques et des tapis de sol badgés « Le Mans » sur sa supercar de 720 ch ?

L’Histoire, bien évidemment. Voilà tout juste un quart de siècle, McLaren réussissait un exploit resté légendaire en préparant une poignée de F1 pour l’endurance, en les confiant à quelques écuries privées mortes de faim, et en gagnant la course. La McLaren F1 GTR n’a pas seulement remporté la victoire dans sa catégorie, elle s’est imposée au classement général, au nez et à la barbe des protos de la catégorie-reine.

Même dans les dernières heures de la course, personne n’y croyait. Certes, les conditions météo avaient été apocalyptiques au cours de cette édition, nivelant les performances. D’accord, les favoris avaient connu des ennuis mécaniques. Mais la F1 GTR était fondamentalement une voiture de route. Elle avait beau avoir été conçue par Gordon Murray avec toute sa science de la Formule 1, elle n’était même pas censée être alignée en compétition à l’origine. Songez donc, une voiture avec de la place pour trois personnes et des bagages…

Et pourtant, le 18 juin 1995 à 15 h, la McLaren F1 n°59 de Lanzante Motorsport, pilotée par Yannick Dalmas, JJ Lehto et Masanori Sekiya, franchit la ligne d’arrivée avec un tour d’avance sur la Courage-Porsche à laquelle la course semblait promise. Et ce n’est pas tout : les autres McLaren terminent 3e, 4e et 5e, ayant parfaitement su déjouer toutes les embûches de cette course dantesque. Parce que la voiture victorieuse a bouclé 298 tours, toutes les 720S Le Mans porteront un numéro de série commençant par 298.

Cette série spéciale va assez loin dans l’hommage puisque la 720S adopte ici une prise d’air dorsale et des ouïes sur les ailes avant (sans doute celles de la 765LT), à la manière de la F1 GTR. Elle se distingue aussi par ses badges « Le Mans 25 » et ses baquets en fibre de carbone. Mais ce sont surtout les jantes anachroniques que l’on remarque : des cinq branches gris sombre toutes simples, directement inspirées de celles que chaussaient la F1 GTR dans la Sarthe il y a 25 ans.

McLaren n’est pas allé jusqu’à imposer une livrée rétro, et on ne s’en plaindra pas. La 720S Le Mans est disponible dans le traditionnel orange McLaren (qui peut faire référence à la livrée des cinq F1 GTR de route construites à l’époque) ou en gris (comme le ciel aux 24 Heures 1995 ?). Notez l’accastillage plus sombre en gris Ueno (boucliers, bas de caisse), discret hommage au sponsor-titre de la F1 GTR victorieuse.

50 exemplaires seront produits, dont 16 pour l’Europe. McLaren en demande 301 000 € en France, soit un modeste supplément de 50 000 € par rapport à une 720S standard.

La mécanique reste inchangée : un V8 4.0 biturbo de 720 ch, une boîte double embrayage à sept rapports, pour un 0 à 100 km/h en 2,9 s et 341 km/h en pointe. McLaren aurait pu pousser la démarche jusqu’à dégonfler volontairement le moteur, à l’instar de la F1 GTR dont le V12 6.1 atmosphérique avait dû être bridé à 600 ch (au lieu de 627) pour respecter le règlement…

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