La McLaren 765LT est une 720S++

Quand la référence des supercars se radicalise, ça donne un nouvel épouvantail de 765 ch pour 1,2 t

Niels de Geyer | Le 3 mars 2020 |

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Voilà plusieurs jours que McLaren n’avait pas dévoilé de supercar, on commençait à s’inquiéter… Alors que débute ce premier salon de Genève virtuel, Woking dégaine le fleuron de sa gamme Super Series, la 765LT : le dérivé (routier) le plus radical à ce jour de la 720S, sur la même longueur d’onde qu’une Ferrari 488 Pista ou une Porsche 911 GT2 RS. Et les remplaçantes de ces dernières risquent d’avoir du pain sur la planche…

L’avantage, chez McLaren, c’est qu’il n’y a pas besoin de pierre de Rosette pour déchiffrer la nomenclature. Les 765 ch – 45 de plus que sur la 720S, bravo – sont toujours tirés d’un V8 4 l biturbo, associé à une boîte à double embrayage et sept rapports à l’étagement raccourci de 15 %. Le couple grimpe quant à lui de 30 Nm pour atteindre 800 Nm.

Le LT est toujours là pour « Longtail », McLaren tenant absolument depuis la 675LT à établir une filiation entre ses supercars les plus radicales et la F1 Longtail, ultime version de course de la mythique F1 caractérisée par sa poupe allongée. Certes, l’aileron actif/aérofrein est 20 % plus vaste que sur la 720S, et le diffuseur sensiblement plus imposant lui aussi.

Le gain en puissance a beau être spectaculaire même aux standards de la marque, ce n’est pas le plus impressionnant. Alors que la 720S, née en 2017, fait toujours figure de poids plume sur son segment, McLaren est en effet parvenu à la faire maigrir de 80 kg pour descendre potentiellement à 1 229 kg. Au menu de ce régime, on trouve notamment des jantes forgées ultralégères avec boulons en titanes (- 22 kg), des baquets de course en fibre de carbone empruntés à la Senna (- 18 kg), et bien sûr des panneaux de carrosserie dans le même matériau (-14 ,3 kg). Le vitrage en polycarbonate du capot moteur permet de gagner 6 kg , l’ablation de l’air conditionné 10 kg pour les plus masochistes.

In fine, la 765LT passe de 0 à 100 km/h en 2,8 s (-0,1 s par rapport à a 720S), de 0 à 200 km/h en 7,2 s (-0,6 s, et seulement 0,4 s de plus qu’une Senna), pour une vitesse de pointe inchangée à 330 km/h. En option, elle peut avoir droit aux énormes disques carbone-céramique de la Senna (sept mois de cuisson, attention à ne pas coincer un gravillon quelque part) pour freiner à vous faire sortir les yeux des orbites (200 à 0 km/h en 110 m). La suspension est une évolution du système hydraulique en croix de la 720S, avec des ressorts, des amortisseurs et un pilotage sur mesure, pour plus de précision et de stabilité (ce qui était donc apparemment possible).

Quant au style, Novitec risque de ne pas être content : McLaren lui ôte le pain de la bouche. Entre le bouclier avant encore plus vorace, les ouïes sur les ailes avant, les déflecteurs sur les bas de caisse et surtout la batterie de quatre sorties d’échappement centrales en titane, c’est… subtil. Ce n’est pas que de la gueule, puisque McLaren promet 25 % d’appui en plus par rapport à la 720S. Qui paraît presque fade quand on y revient après avoir fait défiler les photos de la 765LT (c’était donc possible aussi).

Si le tarif reste pour l’heure inconnu, McLaren a annoncé une production à 765 exemplaires (clin d’œil – clin d’œil), et des livraisons prévues à partir de septembre 2020. Pas de panique si vous la ratez, vous aurez certainement une deuxième chance avec une version Spider l’année prochaine…

 

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