La nouvelle Mini GP est une bombinette de 300 ch avec des palettes au volant

La plus radicale des Mini sera équipée d’office d’une boîte automatique, mais elle restera une traction

La rédaction | Le 24 juin 2019 |

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C’est Mini qui nous l’a dit, la prochaine GP, prévue pour 2020, transmettra toujours sa puissance aux seules roues avant, mais cette fois exclusivement via une boîte automatique. Ah oui, et le kit carrosserie façon TCR sera toujours de la partie.

Le fait que la GP reste une traction n’est pas surprenant en soi. Il y avait cependant un peu de suspense puisqu’elle reprend le 2.0 turbo des nouvelles Mini Clubman et Countryman JCW, qui est également celui qui anime la nouvelle BMW M135i, toutes des autos à quatre roues motrices.

« C’est une question intéressante, que beaucoup de gens nous ont posée », assure Jürgen Matz, qui a travaillé sur le châssis. Quand nous lui disons que pour nous, les roues avant motrices font partie de l’ADN de la GP, il nous répond que nous chauffons, en érigeant au passage la Civic Type R en référence.

« Certains concurrents savent faire de bonnes tractions. Certaines sont moches et fabriquées au Japon, mais remarquables à conduire. »

Il ne va pas jusqu’à dévoiler une puissance définitive. On sait seulement qu’elle fera « plus de 300 ch », soit au minimum 79 ch de plus que sur la version 2013. Quand même. « Il s’agit d’une voiture plus compacte et plus légère qu’un Countryman, donc plus de chevaux ne sont pas forcément nécessaires », explique-t-il. Tablons donc sur 306 ch, comme sur les trois voitures qui ont déjà étrenné ce moteur.

Tout ceci passera aux roues avant grâce à une boîte automatique à palettes au volant, et non la boîte mécanique à six rapports qui équipait jusqu’à présent toutes les super-Mini. On verra ce qu’en diront les fans de track days.

« De nos jours, quasiment toute la concurrence est passée aux palettes au volant. Si vous voulez vraiment aller vite, vous irez plus vite avec des palettes », souligne Matz.

« Notre étude de marché a conclu que la demande pour une boîte manuelle était très faible, ce qui nous a obligés à prendre une décision. Regardez l’Alpine A110 : ils ont fait le même choix. Il y a bien quelques puristes qui veulent absolument une boîte manuelle mais à moins qu’ils soient vraiment nombreux, il faut trancher : qu’est-ce qui est préférable pour la majorité ? »

Les passionnés pourront au moins se consoler avec la suspension, qui évoluera considérablement par rapport à la John Cooper Works standard pour encaisser ce déferlement de puissance. Etonnamment, il n y a pas de suspension pilotée au menu. Soit moins de temps perdu à pianoter sur un sélecteur de modes, et un gain de masse non négligeable. Ce dernier ne sera pas de trop pour permettre à la GP de rester un poids plume malgré l’arrivée de la boîte automatique. « Si l’on n’est pas prêt à économiser 500 g par ci et 500 g par là, alors on n’arrive jamais à alléger la voiture. »

Les jantes reprendront le dessin traditionnel à quatre branches des Mini GP, chaussées de pneus Hankook. Elles dissimuleront des freins empruntés à BMW. L’ablation de la banquette arrière et la peinture gris sombre respecteront elles aussi les codes de la lignée. Dommage, il va falloir renoncer à cette magnifique livrée camouflage à base de tracés de circuits.

Bien sûr, l’un de ces derniers est la Nordschleife, où la voiture a d’ores et déjà signé un 7’56. À la fin de son développement, elle devrait avoir pris 30 s d’avance sur les 8’23 de sa devancière. Ce qui lui laisse encore un peu de marge avant d’aller titiller les Mégane RS Trophy-R et Civic Type R.

Tous ces appendices de carrosserie bénéficient-ils à l’aérodynamique ? Non, répond Matz. La voiture ne génère pas d’appui à proprement parler ; sa priorité, c’est le plaisir de conduite, qui passe par une certaine mobilité. Mais rassurez-vous, les magnifiques ailes arrière profilées seront toujours là une fois la Mini GP dépouillée de son camouflage.

Est-ce que faire passer plus de 300 ch par les roues avant a été compliqué ? « Pas vraiment, répond Matz. L’ancienne Mini GP aurait déjà pu composer avec 80 ch de plus. Elle était peut-être un peu sous-motorisée par rapport à son aéro et ses pneus. Là, on atteint des sommets en matière de puissance. C’est pour cela qu’on a dû passer à une taille de pneus supérieure. »

Mais sera-t-elle toujours joueuse, à la façon si jubilatoire de la précédente GP ? « Oui, c’est une Mini. Ça fait partie du cahier des charges. »

La production sera limitée à 3 000 voitures (un millier de plus que les modèles précédents). Nous en saurons plus à l’approche de la commercialisation, quelque part en 2020. Alors, heureux ?

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