Koenigsegg Jesko : 1 600 ch, objectif 500 km/h

C’est chaud le Nord

La rédaction | Le 5 mars 2019 |

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Vous attendez le match final entre la Hennessey Venom F5 et la Bugatti Chiron pour savoir qui franchira le premier la barre des 500 km/h (OK, 300 mph, donc plutôt 483 km/h mais on ne va pas chipoter) ? Ce serait oublier un peu vite Christian von Koenigsegg, le Suédois qui adore faire tourner Bugatti en bourrique. Sa nouvelle supercar dévoilée au salon de Genève, la Jesko, sera capable selon lui de franchir cette barre symbolique dans sa future version « 300 », qui générera moins d’appui que l’auto dévoilée au salon de Genève avec son aileron colossal.

Il faudra juste trouver un endroit pour le faire, un gars qui accepte de conduire, et accessoirement un manufacturier de pneus compréhensif. Rappelons que la devancière de la Jesko, l’Agera RS, détient toujours le record de la vitesse la plus élevée pour une voiture de production (447 km/h en moyenne sur les deux tentatives réglementaires, mais 457 sur l’une des deux) et celui du 0-400-0 km/h le plus rapide (33,29 s). Youhou, Bugatti, il y a quelqu’un ?

Avant toute chose, son nom : c’est celui du père de Christian, Jesko von Koenigsegg, dont le soutien financier fut crucial pour permettre à la jeune entreprise de prendre son essor dans les années 90. Comme cadeau de remerciement, c’est un peu mieux qu’une boîte de chocolats, on est d’accord. D’autant que Christian a réussi à garder le secret jusqu’à la conférence de presse du salon de Genève, où il a pu dédier la voiture en direct à Jesko tout ému. C’est ça, un moment Koenigsegg.

Le moteur, maintenant : c’est une version revue en profondeur du V8 5.0 biturbo de l’Agera, qui développe à présent 1 280 ch avec du sans plomb 95, et jusqu’à 1 600 ch (pour 1 500 Nm) quand il carbure à l’E85.

Le problème est de trouver une boîte suffisamment costaud pour encaisser tout ça. Difficile en effet, quand on s’appelle Koenigsegg, de toquer à la porte de Bugatti la bouche en cœur. Aucun problème, ils ont fait ça en interne. À 90 kg, le résultat est léger et plus compact que celui de la Bugatti. En passant, qui a décrété qu’on était obligé de se contenter de deux embrayages ? Allez tiens, on va en mettre six, avec neuf rapports. D’où une réactivité hors norme et le nom de cette transmission : LST, pour « light speed gearbox ». Tout simplement.

Par rapport à l’Agera, la Jesko profite d’un nouvel amortisseur Triplex à l’avant (un troisième amortisseur horizontal qui lutte contre le cabrage) en plus de celui qui équipait déjà le train arrière. Elle a aussi droit à des roues arrière directrices, et aux jantes les plus légères jamais montées sur une Koenigsegg. En fibre de carbone, elles pèsent 5,9 kg pièce à l’avant (20 pouces), et 7,4 kg à l’arrière (21 pouces). Chaque jante est fabriquée à la main en interne moyennant 40 heures de travail. C’est peut-être pour ça qu’un jeu de quatre coûte 65 000 $… À méditer lors de votre prochain créneau.

Ensuite, l’aéro. Grâce au spoiler avant et au monstrueux aileron arrière en boomerang, la Jesko génère 800 kg d’appui à 250 km/h et 1 000 kg à 275 km/h (sur le réglage le plus extrême). Des chiffres en hausse de 30 % par rapport à la One :1, mieux dotée que l’Agera RS à ce chapitre. Malgré son aérodynamique optimisée pour la vitesse, la version « 300 » offrira environ 500 kg maximum, prévoit Koenigsegg.

Parce qu’en pratique, les supercars sont plus admirées que conduites, le propriétaire d’une Jesko peut ouvrir capots et portières (en élytre) en actionnant les vérins d’un simple appui sur un bouton de la télécommande. À bord, il y a la clim, un système infotainment, des prises USB et un chargeur à induction. Ah, et un G-mètre analogique en option derrière le volant, on ne sait jamais, ça peut toujours servir.

Seules 125 Jesko seront produites, à un rythme de 40 à 50 par an, ce qui en fait une voiture un peu moins rare que les Agera RS et Regera (respectivement 25 et 80 exemplaires vendus). Avec un ticket d’entrée à 3 millions d’euros hors taxes, elle rivalise cependant sans peine en exclusivité avec une McLaren Speedtail ou une Aston Martin Valkyrie. Mais ce n’est qu’un début…

D’ici environ un an, on découvrira en effet encore un nouveau modèle, développé en partenariat avec NEVS. Une voiture hybride, produite à plusieurs centaines d’exemplaires à prix d’ami : seulement 1 million d’euros. Sous quelle forme ? Allez savoir. Tout ce qu’on peut prédire, c’est que la Jesko sera probablement la dernière Koenigsegg 100% thermique. Comme bouquet final, on pouvait difficilement rêver mieux.

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