La Lamborghini Essenza SCV12 est une pistarde de 830 ch

Le V12 Lamborghini le plus puissant de l'histoire, dans un écrin tout carbone non homologué pour la route et produit à seulement 40 exemplaires. C'est donc ça, l'amour ?

La rédaction | Le 30 juillet 2020 |

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Lamborghini s’y connaît un peu en V12. Hormis certains monstres de la stratosphère, la marque est même la dernière, avec Ferrari, à disposer d’un V12 atmosphérique dans son catalogue. Et il se porte bien, merci pour lui.

Il est même dans une forme étincelante sous le capot de la nouvelle hypercar au taureau. Vous avez sous les yeux l’Essenza SCV12, animée par le plus puissant V12 atmosphérique jamais produit à Sant’Agata avec ses « plus de 830 ch. » Car « Lamborghini est une marque perpétuellement tournée vers l’avenir et en quête de nouveaux défis« , explique le grand patron Stefano Domenicali. Le défi étant ici d’arriver à empêcher son petit-déjeuner de ressortir jusqu’au prochain arrêt au stand, on imagine.

L’Essenza SCV12 est en effet une voiture réservée exclusivement à un usage sur circuit. À ce titre, elle ne doit répondre à aucune contrainte liée à une homologation sur route ou pour un championnat FIA. Squadra Corse, le département sportif de Lamborghini, a donc pu donner libre cours à tous ses fantasmes. Sous des formes qui rappellent encore un peu une Aventador – ou une Sesto Elemento sous stéroïdes –, la bête profite d’une structure monocoque en fibre de carbone « nouvelle génération« , tellement rigide qu’elle se passe d’arceau-cage. Cela n’empêche pas l’Essenza SCV12 de répondre aux normes de sécurité d’un prototype FIA, selon la marque.

Au cœur de cette monocoque, on trouve un V12 6.5 débouchant sur des sorties d’échappement étudiées par le spécialiste allemand Capristo pour réduire la contre-pression, ou encore une suspension arrière réglable montée à même la boîte séquentielle à six rapports (issue de la Huracán Super Trofeo), qui est donc porteuse. Quand toutes les Lamborghini V12 routières sont des intégrales depuis deux décennies, la puissance est ici transmise aux seules roues arrière. Des freins Brembo feront ce qu’ils pourront éviter des catastrophes, derrière de magnifiques jantes en magnésium de 19 pouces à l’avant et 20 à l’arrière, chaussées de slicks Pirelli.

Et si l’on doit repasser aux stands après avoir malencontreusement brisé du carbone (« j’ai glissé, chef« ), la tâche des mécaniciens sera facilitée par une carrosserie divisée en seulement trois éléments. L’ensemble allie la forme et la fonction dans un style très… Lamborghini. Une double entrée d’air barre le capot avant autour d’une arête centrale qui canalise le flux vers la prise d’air du toit, gavant le V12 atmosphérique de bon oxygène frais pour « un surcroît significatif de puissance » à haute vitesse. Donc plus on va vite, plus on a de chevaux : c’est toujours bon à savoir.

Vous aurez peut-être remarqué les quelques discrets appendices aérodynamiques de part et d’autre, à commencer par l’aileron arrière réglable qui génère jusqu’à 1 200 kg d’appui à 250 km/h. Lamborghini évoque un rapport poids/puissance de 1,66 kg/ch, ce qui nous amènerait à une masse d’environ 1 380 kg.

Tout de noir vêtu, l’intérieur garni de carbone et d’Alcantara est raccord avec la vocation de bête de circuit de la SCV12, et relativement dépouillé par rapport aux usines à gaz des Lambo de série et leurs inserts en carbone forgé façon marbre de cuisine. Le petit volant course rectangulaire est truffé de boutons et de molettes autour d’un écran central comme sur une F1, devant des baquets carbone OMP aux normes FIA. Le reste des commandes prend place sur un contrefort en Y qui tient lieu de console centrale. Il va falloir se libérer quelques journées circuit pour explorer toutes les possibilités, mais on gage que les propriétaires seront prêts à prendre sur eux.

Pour aider ces derniers à s’y retrouver, ils seront tous conviés à des sessions de formation sur « les plus prestigieux circuits du monde. » Le programme sera supervisé par Emanuele Pirro, cinq fois vainqueur au Mans, et Marco Mapelli, un temps détenteur du record du tour pour une voiture de série sur le Nürburgring avec l’Aventador SVJ. Des questions ?

Lamborghini prévoit de produire 40 Essenza SCV12, à un tarif encore inconnu. Un conseil, commencez dès maintenant à manger des pâtes (à la bolognaise, évidemment) parce qu’on pourrait bien flirter avec la barre des trois millions d’euros.

 

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