La première Lamborghini électrique s’appelle Lanzador

Mi SUV, mi coupé, cette "ultra GT" de 1 350 ch arrivera sur la route en 2028.

Jack RIX
Publié le : 21 août 2023

SUV ? Coupé sur échasses ? Ni l’un ni l’autre, assure Lamborghini. La Lanzador serait quelque chose d’entièrement nouveau, une « ultra GT » qui constituerait le chaînon manquant entre l’Urus et les supercars de la marque. La bonne nouvelle, c’est que cet engin ressemble encore à une Lambo. La mauvaise, c’est que pour ne rien vous cacher, on espérait plutôt une Estoque qui aurait pu être la cousine transalpine des Porsche Taycan et Audi e-tron GT.

Ah oui, on a failli oublier : la Lamborghini Lanzador est électrique. C’est elle, le tant attendu quatrième modèle qui viendra rejoindre la Revuelto, l’Urus et la remplaçante de la Huracán (tous hybrides rechargeables d’ici fin 2024) à l’horizon 2028. Cela fait un sacré délai, mais le PDG Stephan Winkelmann assure que tout est gravé dans le marbre et qu’on a sous les yeux « un aperçu concret du véhicule de production ».

Il s’agit donc officiellement d’un concept, mais on ne peut plus réaliste. Le communiqué de presse n’est d’ailleurs pas avare en détails techniques. On sait que la Lanzador disposera de deux moteurs, un sur chaque essieu, pour développer un total de « plus d’un mégawatt ». Soit 1 360 ch, en français. Rien sur la batterie « haute performance de nouvelle génération ». Quand on quémande un chiffre d’autonomie, Winkelmann répond que 500 km est un minimum de nos jours. Alors dans cinq ans, on peut espérer quelque chose d’un peu plus spectaculaire.

Pour digérer cette puissance à quatre chiffres et un poids qui devrait flirter avec les 2,5 t, la Lanzador pourra bien sûr compter sur des roues arrière directrices, une suspension pneumatique pilotée et un antiroulis actif. La plate-forme, inédite, sera partagée avec d’autres électriques haut de gamme du groupe Volkswagen, mais développée par Lamborghini en tirant partie de toutes les possibilités de vectorisation de couple instantanée offertes par la propulsion électrique.

La carrosserie évoque aussi bien la dernière Countach (les fines optiques horizontales à l’avant) que la Sesto Elemento et la Murcielago, estime le directeur du style Mitja Borkert. Il va falloir se faire aux proportions mais à part la hauteur, on est finalement en terrain connu. Des éléments aérodynamiques mobiles sont dissimulés de part et d’autres pour augmenter l’appui en virage et réduire la traînée en ligne droite.

L’habitacle est plus radical. Une console centrale flottante en Y sépare conducteur et passager dans une symétrie parfaite. Une molette surdessinée trône en haut pour accéder aux fonctions principales et naviguer dans les menus. En bas, on retrouve le bouton de mise à feu des Lamborghini thermiques, avec sa gâchette de déverrouillage rouge pour le spectacle. Un vaste écran côté passager fait écho celui qui sert d’instrumentation au conducteur.

L’absence de V8, V10 ou V12 permet aussi de préserver deux sièges arrière accueillants. Ces derniers sont rabattables, et le plancher de coffre modulable pour offrir une surface de chargement plate si nécessaire. Un « frunk » (« front trunk », coffre avant) permet de loger de petits bagages, dont des valises sur mesure si les vôtres ne rentrent pas. Les matériaux sont évidemment tout ce qu’il y a de plus durable (très important sur un SUV de 2,5 t) : laine mérinos, cuir issu de tanneries équitables, mousses imprimées en 3D à partir de matériaux recyclables, surpiqûres en plastique recyclé.

Une Lamborghini différente, donc, mais peut-être pas autant que la marque voudrait le faire croire, si l’on excepte bien sûr sa motorisation électrique. Il y a eu des GT Lambo 2+2 dès les années 1960, et quelque chose nous dit que beaucoup auraient préféré un remake à piles de l’Espada ou de l’Islero plutôt qu’un énième tank surélevé. Cela ne devrait pas empêcher la Lanzador de faire un carton, comme l’Urus avant lui. La marque transforme en effet tout ce qu’elle touche en or ces derniers temps et vient (encore) d’annoncer des résultats record pour le premier semestre 2023 : 5 341 voitures vendues (+ 5 % par rapport à 2022) et 456 millions d’euros de bénéfices (+ 7,2 %).

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