10 raisons pour lesquelles Kimi Räikkönen va nous manquer

Dimanche, Iceman prendra le départ de la dernière course de son immense carrière en F1, et son absence va faire un sacré vide. Voici pourquoi

La rédaction | Le 10 décembre 2021 |

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Il a participé en tout et pour tout à 23 courses en monoplace avant ses débuts en F1

Il faisait certes du karting depuis ses dix ans, mais Kimi n’avait couru au volant d’une monoplace qu’en 23 occasions (trois fois en Formule Ford, 20 en Formule Renault) avant de se retrouver au départ du Grand Prix d’Australie 2001. Sachant qu’à l’époque, une Formule Renault était animée par un 2.0 atmo de 185 ch (le moteur de la Clio II RS)… Kimi époustoufle pourtant le paddock dès ses premiers tours de roues au volant de sa Sauber C20 de quelque 800 ch. Beaucoup s’émeuvent que la FIA accorde une super licence à un pilote aussi peu expérimenté mais Peter Sauber, pas fou, s’empresse de faire signer au jeune Finlandais un contrat pour la saison 2001.

C’est vraiment « Iceman »

C’est Ron Dennis qui l’a surnommé ainsi quand il pilotait pour McLaren. A posteriori, sa décontraction et sa parfaite insensibilité à la pression n’ont pourtant jamais été aussi évidentes que lors de ses débuts en Australie. Une demi-heure avant son premier Grand Prix de Formule 1, on s’attendrait à ce qu’un bizuth de 21 ans soit en train de trépigner/se ronger les ongles/faire les cent pas dans son stand. Pas Kimi, qui a disparu mais que l’on finit par retrouver… en train de roupiller paisiblement dans le motorhome Sauber. Qualifié à peine trois dixièmes derrière son redoutable coéquipier « Quick Nick » Heidfeld, il marque même le point de la sixième place. On a vu pire, comme premier Grand Prix.

Mais pas toujours

Interviewé dans le podcast officiel de la F1 Beyond the Grid, Fernando Alonso, qui a débuté en F1 le même jour que Räikkönen, a déclaré ceci à son propos : « C’est une personnalité remarquable en Formule 1 et il va nous manquer. Il est très honnête : jamais de faux semblants, il est tel qu’on le voit. C’est peut-être un masque, cette façon de se montrer très froid et de parler très peu. Je pense qu’il y a une personne différente en-dedans, et ce n’est pas Iceman. À mon avis, il est même au contraire intrinsèquement chaleureux, même si vous devez le rencontrer en dehors de la course. C’est là qu’on voit le vrai Kimi. »

Il dit les choses comme elles sont (et ça fait des punchlines d’anthologie)

Kimi ne passe pas exactement pour le pilote le plus bavard du paddock. En revanche, c’est sans conteste le plus franc… À une époque politiquement correcte où ses confrères ont souvent une peur bleue de contrarier leur patron et surtout leurs sponsors, lui, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre. Quelques-unes de ses répliques le plus mémorables.

Sur la grille du Grand Prix du Brésil 2006, il est approché par Martin Brundle et son micro en direct. « Vous avez raté le lancement par Pelé, vous allez vous en remettre ?, lui demande le commentateur britannique. « Oui. J’étais en train de ch*er », répond gracieusement Kimi.

Au Grand Prix d’Abou Dhabi 2021, il n’en peut manifestement plus d’être matraqué de conseils par son ingénieur de course. « Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais », rétorque-t-il sans ambages. Un peu plus tard, ledit ingénieur lui demande de surveiller ses pneus. « Oui, oui, oui, je le fais tout le temps. Pas la peine de me le rappeler toutes les 10 s… » Et oui, il savait manifestement ce qu’il faisait puisqu’il a tout simplement gagné la course, offrant à l’écurie Lotus (ex- et future Renault, puis Alpine…) sa première victoire.

–Interviewer : « Quelle est la partie de la course la plus passionnante ?

–Kimi : Je pense que c’est toujours le départ.

–Et la plus ennuyeuse ?

–Maintenant. »

Il sait gérer ses finances

Son management y est sûrement pour quelque chose ici, mais en dépit d’avoir gagné « un seul » championnat, Kimi a réussi à amasser des fortunes. Seuls Alonso, Hamilton et Schumacher ont été mieux payés que lui dans l’histoire de la discipline et en 2009, il était réputé être le deuxième sportif le mieux payé de la planète après Tiger Woods.

Kimi sait même se faire payer pour ne pas conduire : en 2009, alors qu’il était encore sous contrat au côté de Massa mais que Ferrari voulait absolument le remplacer par Alonso, il se dit qu’il a touché 25 millions d’euros pour aller voir ailleurs s’ils y étaient.

Ce qu’il a fait sans demander son reste (on en reparle juste en dessous). À son retour en F1, il a ensuite presque coulé Lotus à lui tout seul. Lorsqu’il a signé son contrat de deux ans, il devait en effet percevoir un salaire et un bonus au nombre de points marqués. Le problème, c’est que l’écurie ne s’attendait pas à ce qu’il en marque autant, de points : 12 podiums et deux victoires, soit 390 points en deux saisons, excusez du peu. À 50 000 euros l’unité, cela fait en théorie un bonus de… 19,5 millions d’euros, que Lotus a bien du mal à réunir. Kimi part se faire opérer du dos deux Grand Prix avant la fin, et ne revient pas.

Il conduit tout et n’importe quoi

Les pilotes de F1 font rarement grand-chose en dehors de la monoplace. Éventuellement de l’endurance une fois qu’ils ont pris leur retraite, mais ça s’arrête là. Quand Kimi a pris ses deux années sabbatiques en 2002, il a pris le volant de tout ce qu’il a pu : WRC, Nascar, scooter des neiges… Et ce n’était pas pour des questions d’argent, on l’ a vu.

Il aime faire la fête

Les pilotes de F1 modernes sont des athlètes de haut niveau soutenus par des sponsors sourcilleux. Aller s’éclater en boîte n’est donc pas forcément conseillé dans ce milieu, mais Kimi n’est pas au courant. En 2013, on le voit sévir dans une beuverie de 16 jours entre les Grand Prix de Bahreïn et d’Espagne. « De l’extérieur, ça peut avoir l’air un peu bizarre, mais pour moi, à une époque, c’était quelque chose de très banal. » Inutile de préciser que Kimi termine sur le podium des deux courses. Et quand on lui demande si son côté fêtard a déjà nui à sa carrière, il répond : « Absolument pas. »

C’est un grand fan de James Hunt

James Hunt n’avait que faire des conventions et aimait bien s’encanailler. Pas étonnant que Kimi l’aime bien. Il a d’ailleurs utilisé le pseudo « James Hunt » pour des courses de motoneiges, et au Grand Prix de Monaco 2012, il a couru avec un casque aux couleurs de l’Anglais.

Il s’est très bien défendu sur le plateau de Top Gear

En mars 2012, Kimi a fait un passage remarqué en tant qu’invité de Jeremy Clarkson, non sans se livrer à un tour chrono au volant de la Suzuki Liana pour la rubrique « star in a reasonably priced car. » Il ne s’est pas montré particulièrement rapide (la piste était mouillée, de toute façon) mais il s’est pris au jeu de l’interview, pour le plus plaisir de Clarkson. Et celui du public.

Il fait partie des grands

Mais la principale raison pour laquelle on adore Kimi, c’est parce que c’est une légende vivante de la F1. En tant que champion du monde 2007, son nom figurera pour toujours sur les tablettes non loin de ceux de Fangio, Clark, Stewart, Prost, Senna, Schumacher et Hamilton. Il a montré maintes fois sa pointe de vitesse, son talent et sa rage de vaincre. Mais surtout, il adore la F1. Hormis Schumacher et Alonso (qui devrait battre l’année prochaine le record de longévité de Räikkönen en nombre de Grand Prix disputés), aucun pilote n’a continué à rouler à ce niveau quatorze ans après son premier titre.

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